LETITSEED : « Démocratiser l’investissement dans les PME non cotées »

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INTERVIEW-La plateforme de crowdfunding en actions LETITSEED, lancée en avril 2015 par EOS Venture, se démarque de ses concurrentes par un ticket d'entrée à partir de 50 euros. Pour son président Stéphane Lubiarz, cette particularité doit permettre à tout un chacun d'investir dans les PME non cotées.

Stéphane Lubiarz, président de LETITSEED.

 

Toutsurmesfinances.com : EOS Venture a lancé la plateforme de financement participatif en capital LETITSEED. En quoi se distingue-t-elle des nombreux acteurs du marché ?

Stéphane Lubiarz, Président d'EOS Venture : LETITSEED est une plateforme à part puisque EOS Venture est la seule entreprise à disposer du statut de prestataire de services d'investissement parmi les plateformes de crowdfunding en capital. Cet agrément, délivré par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) après approbation de son programme d'activité par l'Autorité des marchés financiers (AMF), nous autorise notamment à effectuer des levées de fonds supérieures à 1 million d'euros ainsi qu'à communiquer sur tous types de médias.

Ce statut nous permet également de collecter dans l'ensemble de la zone Sepa (Espace unique de paiement en euros, NDLR) pour financer des projets français. Dans un deuxième temps, les investisseurs français pourront même financer des entreprises étrangères situées dans cette zone.

Quelle forme l'investissement prend-il sur LETITSEED ?

Sur notre plateforme, l'investisseur n'entre pas directement au capital de la PME qu'il souhaite financer. Il devient actionnaire d'une holding qui va elle-même investir dans la PME. Ce mécanisme offre un net avantage à l'entreprise. En effet, les PME n'ont pas les ressources pour gérer une multitude d'actionnaires, ce qu'elles vont pouvoir déléguerà travers la holding. L'entreprise a ainsi l'assurance que si un évènement particulier survient, comme une introduction en Bourse par exemple, elle pourra accéder à 100% de son capital pour sa prise de décision.

L'investisseur, de son côté, bénéficie également du statut de la holding puisque les modèles de statuts de cette société sont déposés à l'ACPR. C'est donc la garantie que tout est réalisé par une équipe de professionnels.

« Nous conseillons de loger les titres dans un PEA »

Sur quel horizon de placement l'investisseur doit-il se positionner ?

La durée minimum conseillée pour l'investissement dans une PME non cotée est de 3 à 5 ans. Mais les fonds ne sont pas bloqués et un investisseur a la possibilité de céder ses parts à tout moment à un autre investisseur.

Il n'y a en revanche aucune garantie de liquidité puisqu'il n'y a pour le moment aucun marché organisé pour échanger des titres de PME non cotées. Pour trouver un repreneur, le cédant, via la holding, a la possibilité de communiquer avec les autres investisseurs. Il peut tout simplement nous avertir de sa volonté de céder ses titres puis nous relayons l'information.

Quel est le traitement fiscal de l'opération ?

L'investissement est éligible aux réductions d'impôt sur le revenu et d'impôt de solidarité sur la fortune. Nous conseillons toutefois de loger ces titres dans un PEA (plan d'épargne en actions, NDLR) pour défiscaliser les plus-values à la sortie. Nous proposons en effet des entreprises avec un fort potentiel de croissance. Il nous semble donc plus judicieux d'opter pour le PEA.

Conseillez-vous aux investisseurs de diversifier leurs investissements ?

Nous leur conseillons d'avoir un portefeuille de PME non cotées. En fin d'année, nous devrions avoir présenté une vingtaine de projets. Nous recommandons aux investisseurs de se créer un portefeuille d'une dizaine de PME.

« Nous avons mis en place le ticket d'entrée à seulement 50 euros »

Comment faire pour un investisseur, alors que les tickets d'entrée atteignent plusieurs milliers d'euros sur les plateformes de crowdequity ?

Dans l'optique de permettre cette diversification, sur LETITSEED, nous avons mis en place le ticket d'entrée à seulement 50 euros. Cela fait partie de l'ADN d'EOS Venture et de LETITSEED, l'objectif affiché étant de démocratiser l'investissement dans les PME non cotées. D'ailleurs, sur notre plateforme, un investisseur qui a placé 50 euros compte autant à nos yeux qu'une personne qui a investi 100.000 euros.

Nous nous démarquons ainsi des autres plateformes que je considère plus comme des réseaux de Business Angels dématérialisés que des vraies plateformes de crowdfunding.

Mais cet investissement n'est-il pas justement trop risqué pour un épargnant classique ?

Notre processus de sélection des investisseurs est rigoureux et réalisé sous 24 heures en interne par un personnel formé qui vient du monde de la banque. Il consiste en premier lieu à connaître le client en lui demandant une pièce d'identité et un justificatif de domicile. Ensuite, l'investisseur doit remplir un questionnaire, similaire à celui qu'il devrait compléter pour ouvrir un compte titres. Les questions portent principalement sur la situation personnelle de l'internaute, l'état de ses revenus et sa connaissance des outils d'investissement. Certains investisseurs qui n'ont par exemple pas compris le niveau de risque sont refusés. Les autres sont catégorisés en fonction de leurs réponses.

Par la suite, lorsqu'un investisseur sélectionne une PME, nous nous assurons qu'il a bien lu la note d'information sur l'entreprise que nous lui renvoyons automatiquement par mail. Il n'a dès lors plus qu'à préciser le montant de son investissement et signer un bulletin de souscription avant de payer.

En fonction du profil donné à l'investisseur, du niveau de ses revenus et de ses charges, nous calculons automatiquement un montant raisonnable d'investissement. Il est calculé sur trois mois glissants. Si nous détectons que cette personne dépasse le seuil indiqué, nous lui envoyons un message d'alerte. Nous ne pouvons pas l'empêcher d'investir mais il peut soit continuer malgré l'avertissement ou au contraire ajuster son investissement.

Propos recueillis par Thibault Lamy

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