Livret A : 3 raisons de continuer à épargner


Les Français ont massivement retiré sur leurs Livrets A en septembre 2013. Pourtant, par bien des aspects, ces livrets présentent des avantages non négligeables. Les raisons de conserver son Livret A en questions réponses.

Epargner sur son Livret A reste intéressant en 2013

Pour la première fois depuis novembre 2011, les retraits sur les Livrets A ont excédé les dépôts en septembre 2013. La décollecte a même atteint 1,56 milliard d’euros à la fin de l’été, un record depuis l’ouverture à la concurrence de la commercialisation du livret d’épargne préféré des Français le 1er janvier 2009. Faut-il pour autant délaisser le Livret A ? Malgré les apparences, ce produit reste toujours attractif. Décryptage.

 

Le Livret A est-il plus pratique que les autres livrets d’épargne ?

Principal avantage du Livret A, l’épargne placée sur ce produit est totalement liquide. Le titulaire du compte peut effectuer des versements et des retraits (au minimum de 10 euros) dès qu’il le souhaite, sans aucun frais. Ces opérations ont la plupart du temps lieu au guichet d’une banque, exception faite de la Banque Postale, qui offre au titulaire du Livret A une carte associée qui lui permet de retirer jusqu’à 500 euros sur sept jours glissants. Liquidité et gratuité sont ainsi associées, contrairement à de nombreux livrets fiscalisés, qui exigent de leurs titulaires une durée de détention minimum pour pouvoir effectuer des retraits sans pénalités.

 

Le taux du Livret A reste-t-il intéressant ?

Raboté à 1,25% net d’impôts et de prélèvements sociaux le 1er août 2013, contre 1,75% depuis le 1er février 2013 et 2,25% après le 1er août 2012, le taux de rémunération du Livret A est à son plus bas historique. Cependant, dans le même temps, les intérêts servis par les livrets d’épargne fiscalisés ont chuté de 0,66% sur une année en août 2013, à 1,25% également, mais avant impôts et prélèvements sociaux. Le Livret A demeure donc en moyenne plus intéressant en termes de rentabilité qu’un livret d’épargne ordinaire.

Par exemple, une personne disposant de 10.000 euros sur son Livret A recevra 125 euros d’intérêts au bout d’une année. En revanche, ce même épargnant, titulaire d’un livret fiscalisé, s’il est imposable et situé dans la tranche marginale d’imposition à 14%, sera soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux (15,5%). Le taux d’intérêt net de son livret se limitera à 0,88% et l’épargnant ne touchera que 88 euros d’intérêts sur un an, soit 37 euros de moins que sur un Livret A.

 

Cette rémunération peut-elle remonter ?

La rémunération du Livret A est réévaluée tous les six mois, le 1er février et le 1er août de chaque année. Basé sur l’évolution des prix à la consommation calculée par l’Insee, le taux du Livret A a subi de plein fouet la chute de l’inflation hors tabac à 0,8%. Si l’évolution limitée des prix entraîne une plus faible rémunération du Livret A, l’inverse est également possible. Selon le gouvernement, l’inflation pourrait atteindre 1,3% en 2014. Si cette prévision se confirme, le taux d’intérêt du Livret A augmenterait à 1,50% minimum. La rémunération du Livret A dépasserait alors très largement celle des livrets fiscalisés.