Livret A, assurance vie, immobilier, PEL… les placements préférés des Français


En 2015, les Français possèdent à une très large majorité un ou plusieurs actifs financiers selon une étude de l'Insee. Le Livret A caracole en tête des placements préférés des épargnants, loin devant l'assurance vie ou l'immobilier. Les produits sans risque n'ont jamais été aussi populaires.  

Les Français aiment le Livret A

La sécurité plutôt que le rendement, les Français ont choisi. Alors que 93,8% d’entre eux disposent d’au moins un actif financier en 2015 selon une étude de l’Insee sur le patrimoine des ménages publiée jeudi 5 novembre, ils sont 85,9% à déclarer posséder un livret d’épargne par nature non risqué.

Le Livret A sans rival

Preuve de l’aversion au risque des Français, le taux de détention du Livret A ou Bleu (commercialisé par le Crédit Mutuel) monte à 75,8% en 2015, contre 68,3% en 2010 et 57,0% en 2004. « Des taux d’intérêt plus élevés certaines années (le Livret A atteint un taux de 2,25 % entre le 1er août 2011 et le 1er février 2013) et une désaffection pour les placements risqués peuvent expliquer cette évolution », observent les auteurs de l’étude. Ainsi, malgré le recul continu de son rendement tombé à 0,75% depuis le 1er août dernier, les Français misent toujours sur le Livret A. Un comportement paradoxal qui tient en partie à la diminution de l’écart de rémunération entre le Livret A et d’autres produits défiscalisés tels que le Livret Jeune et le Livret d’épargne populaire (LEP) ces dernières années : « Entre 2004 et 2007, le LEP présentait un taux supérieur d’un point par rapport au taux du Livret A ; depuis 2008 cette différence n’est plus que de 0,5 point. » De plus, après le relèvement du plafond du Livret A à 22.950 euros intervenu le 1er janvier 2013, « la nécessité de s’orienter vers des produits d’épargne complémentaires s’est atténuée, notamment chez les ménages disposant de peu d’épargne », poursuivent les auteurs de l’enquête. Ainsi, le taux de détention des Livrets de développement durable (LDD) est passé de 41,9% en 2004 à 36,7% en 2015, celui des LEP suivant la même évolution, reculant de 24,3% en 2010 à 19,6% cinq ans plus tard.

L’assurance vie toujours attractive

Autre placement indémodable dans l’esprit des Français, l’assurance vie bénéficie également de leur besoin de sécurité. Plus d’un épargnant sur trois (36,5%) en détient une, avec une préférence significative pour les contrats mono-support, sur lesquels le capital investi est garanti. Malgré la diminution sensible des rendements des fonds en euros, à 2,50% avant impôt et prélèvements sociaux en 2014 contre 4,40% en 2004 et 3,40% en 2010, l’assurance vie conserve son attractivité. « Depuis la crise financière de 2008, les ménages semblent donc toujours privilégier la sécurité de leur placement plutôt que son rendement », note ainsi l’Insee. Son cadre fiscal de faveur tout comme ses avantages en matière de succession ne sont pas non plus étrangers à la fidélité des Français à leur contrat.

A l’instar de l’assurance vie, souvent citée comme outil de préparation à la retraite, l’épargne retraite progresse dans le patrimoine des ménages. Environ un Français sur sept (14,4%) détient un produit dédié au financement de cette période de la vie, soit 2,1 points de plus qu’en 2010. Trois types de placements sont cités par l’Insee, à savoir « l’épargne-retraite complémentaire volontaire et la sur-complémentaire, proposées par l’employeur, ainsi que le plan d’épargne retraite populaire (PERP), produit financier accessible aux particuliers dans les établissements bancaires ».

Retour en force du PEL

Comme le Livret A et l’assurance vie, le plan épargne logement (PEL) profite à plein de l’aversion au risque des Français. Un ménage sur quatre possède ainsi un PEL, soit 25,2% contre 22,5% en 2010. Principal facteur d’explication du succès du PEL par rapport aux autres produits à capital garanti, il offre une rémunération défiscalisée bien plus élevée, de 2,5% (2,11% net) entre août 2003 et le 1er février 2015 et de 2% (1,69% net) depuis. « À l’inverse, la rémunération du CEL, fixée à 0,75 % depuis août 2013 et inférieure à celle du Livret A, incite à transférer les actifs vers d’autres supports plus rémunérateurs », souligne l’Insee.

L’immobilier, évidemment

Sans surprise, la pierre reste un des actifs préférés des Français, 62,7% d’entre eux détenant un patrimoine immobilier et 58,9% leur résidence principale. « La détention de patrimoine immobilier augmente avec l’âge, mais depuis 2010, c’est chez les jeunes ménages qu’elle a le plus augmenté : + 2,9 points pour les ménages dont la personne de référence a moins de 30 ans, + 3,1 points pour ceux dont la personne de référence est trentenaire », explique l’Insee. L’immobilier fascine donc toujours autant, toutes générations confondues.