Livret A, Livret Bleu : taux à 1,25% au 1er août 2013


Pierre Moscovici a annoncé jeudi 18 juillet 2013 que la rémunération du Livret A tombera à 1,25% au 1er août 2013, suivant ainsi la recommandation du gouverneur de la Banque de France. Malgré cette baisse, les épargnants bénéficient comme en février dernier d'un léger coup de pouce.

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1,25%. C’est le nouveau taux d’intérêt du Livret A, du Livret Bleu et du LDD (l’ancen Codevi) en vigueur à partir du 1er août 2013 pour plus de 60 millions de détenteurs. Le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a annoncé jeudi 18 juillet 2013 que la rémunération du livret d’épargne préféré des Français allait tomber de 0,50 point à 1,25% contre 1,75% depuis le 1er février 2013. « J’ai décidé de fixer le taux du Livret A à 1,25 % à partir du 1er août », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée à Bercy. Une confirmation de la chute du taux d’intérêt du Livret A, plus qu’une révélation, tant cette nouvelle était attendue.

 

Accompagné pour l’occasion de la ministre du Logement, Cécile Duflot, le ministre de l’Economie et des Finances a suivi à l’avis du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Le haut fonctionnaire avait recommandé le 12 juillet dernier de diminuer la rémunération du Livret A à 1,25%. Une baisse limitée puisque une stricte application de la formule de calcul du taux du Livret A aurait abouti à une rémunération de 1%, un taux jamais atteint depuis la création du livret d’épargne en 1818. « Ce taux de 1,25% permet de garantir le pouvoir d’achat du Livret A en le maintenant à un niveau supérieur à celui de l’inflation. Le fort ralentissement de l’inflation menait à une baisse du taux jusqu’à 1% si l’on suivait la stricte application de la formule », a poursuivi Pierre Moscovici.

Diminution du taux atténuée

Reconnaissant que « l’application de la formule conduirait à une forte variation et à un niveau inédit de la rémunération du livret A », l’ancien vice-président de la Banque centrale européenne avait ainsi décidé d’accorder un « coup de pouce » aux épargnants. Une décision intervenue après un entretien avec Pierre Moscovici, lui-même favorable à la fixation de la rémunération du Livret A à 1,25%. A de nombreuses reprises, le locataire de Bercy s’est en effet prononcé pour le maintien du pouvoir d’achat du Livret A.

 

Comme en février dernier, Pierre Moscovici consent donc à limiter la diminution du taux du Livret A. A l’époque, la rémunération du produit d’épargne avait été révisée à 1,75% tandis que la formule de calcul aboutissait à un taux de 1,50%. Un coup de pouce de 0,25 point loin d’être suffisant pour les associations de consommateurs, notamment l’Association française des usagers de banques (Afub). Son porte-parole, Serge Maître, interrogé par Toutsurlesplacements.com, dénonçait dans nos colonnes une décision contradictoire, critiquant une diminution de la rémunération du Livret A, la deuxième en 6 mois, tandis que Bercy a relevé en deux temps le plafond du livret, de 15.300 à 22.950 euros, le 1er octobre 2012 et le 1er janvier 2013. Critiquant violemment le « hold-up » dont les épargnants sont victimes, le secrétaire général de l’Afub ne demandait rien d’autres que le respect des promesses du président de la République, François Hollande. Dans le 8ème de ses 60 engagements de campagne, le chef de l’Etat s’était en effet présenté comme le chantre de l’épargne populaire : « Je garantirai l’épargne populaire par une rémunération du livret A supérieure à l’inflation et tenant compte de l’évolution de la croissance », avait-il assuré.

Coup de pouce à 1,50% abandonné

Tandis que l’exécutif hésitait encore il y a peu entre un taux réduit à 1,25% et un coup de pouce supplémentaire pour les épargnants, avec une rémunération majorée à 1,50%, la priorité gouvernementale accordée au logement a primé sur le pouvoir d’achat des épargnants. La collecte sur les Livrets A est en effet reversée à 65% à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), notamment pour financer la construction de logements sociaux. Mécaniquement, plus le taux du Livret A est bas, moins les emprunts contractés par les organismes de construction de logements sociaux sont élevés. Une aubaine pour la ministre du Logement, Cécile Duflot, qui a pour objectif de construire 150.000 logements sociaux par an avant la fin du quinquennat.

 

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