Look&Fin: « Le taux de défaut doit primer comme critère de choix »

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INTERVIEW – Pour Frédéric Levy-Morelle, président de la plateforme de prêt aux entreprises Look&Fin, le crowdfunding constitue une réelle alternative pour les épargnants en quête de rendement. Dans cette optique, les internautes doivent diversifier leurs placements et s'orienter vers les sites présentant un taux de défaut minimum.

Frédéric Levy-Morelle, fondateur de la plateforme Look&Fin

 

Toutsurmesfinances.com : La plateforme Look&Fin, contrairement à certains sites de crowdlending, ne propose pas d'assurance au prêteur. Pourquoi ce choix ?

Frédéric Levy-Morelle, fondateur et président de Look&Fin : En 2015, nous nous sommes longuement posé la question de la meilleure solution pour nos prêteurs. Mais la mise en place d'une assurance emprunteur est très compliquée, aucun assureur ne veut se positionner sur le sujet par manque d'historique sur le secteur du prêt aux entreprises. Nous avons également pensé à structurer nous-mêmes un fonds de calamité, ou de protection des prêteurs, mais là encore, nous n'avons pas jugé ce mécanisme satisfaisant pour notre communauté.

Comment, alors, protégez-vous vos prêteurs ?

Chez Look&Fin, nous sommes convaincus que le taux de défaut doit primer comme critère de choix pour l'épargnant. Nous faisons d'ailleurs partie des acteurs du marché qui affichent le pourcentage de défaillance d'entreprises le plus faible. Le taux de défaut sur la plateforme se limite à 0,86% pour 40 entreprises financées depuis la création de Look&Fin en 2012.

Le choix des projets est donc primordial : sur ce point, nous n'avons pas infléchi notre politique de sélectivité depuis 2012. En 2015, 26 projets ont été financés, soit seulement 3% des 750 demandes de financement.

« Le rendement moyen a atteint 8,75% en 2015 »

De son côté, que peut faire l'investisseur pour limiter le risque ?

La meilleure manière de protéger son capital est de diversifier ses placements sur la plateforme. C'est la clé du succès.

Look&Fin adopte toujours une approche multisectorielle, et cela dans plusieurs pays, pour offrir les meilleurs projets aux internautes. 46% des prêts ont ainsi concerné des entreprises en France et 54% en Belgique. Nous ambitionnons d'ailleurs de nous positionner dans deux nouveaux pays d'ici 12 à 24 mois.

Dans ces conditions, quelle a été la rémunération versée sur Look&Fin en 2015 ?

Le rendement moyen sur la plateforme a atteint 8,75% en 2015, en augmentation par rapport aux années précédentes où ce taux d'intérêt s'était fixé aux alentours de 8%. La fourchette de rémunération est pour sa part comprise entre 6 et 12%.

« Une réelle alternative aux placements traditionnels »

Vous indiquez le rendement global pour chaque projet. A quoi cette notion correspond-elle ?

Elle synthétise le rendement total sur l'opération en question. Cette indication apporte un peu de pédagogie à l'investisseur, qui n'est pas toujours très à l'aise sur la notion de rémunération. Cela l'aide donc à y voir plus clair.

Par ailleurs, pour chaque prêt, nous offrons la possibilité à l'internaute d'utiliser un petit simulateur pour qu'il puisse connaître précisément à l'avance son gain au terme de l'opération.

L'investissement minimum pour un prêteur est plus élevé que sur d'autres plateformes. Pour quelles raisons ?

C'est vrai et nous l'assumons totalement car le prêt aux entreprises est une réelle alternative aux placements traditionnels.

Le ticket d'entrée s'affiche à 100 euros pour le premier prêt et varie par la suite entre 500 à 1.000 euros selon le projet financé. Pour nous, l'objectif n'est pas de placer quelques dizaines d'euros par opération pour récupérer deux ans plus tard 10 ou 20 euros. Il est au contraire intéressant d'investir des montants plus significatifs pour recueillir les fruits de son épargne.

Propos recueillis par Thibault Lamy

 

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