Marie Quantier ou l’intelligence artificielle appliquée à l’assurance vie


La start-up fintech Marie Quantier ouvre son service de conseil en investissement en ligne sur abonnement à l'assurance vie. Singulière et innovante, la formule conjugue vulgarisation de l'analyse des marchés financiers et accès à des outils d'aide à la décision pour se placer sur des produits financiers alliant frais réduits et diversification.  

Marie Quantier, robo advisor en assurance vie

Difficile de savoir quand changer la composition de son assurance vie ou de son compte-titres pour éviter les déconvenues, surtout lorsque les marchés financiers sont soumis à une extrême volatilité. C’est pour répondre à ce besoin d’accompagnement que la start-up Q-Hedge Technologies a ouvert un service de gestion conseillée 100% en ligne et entièrement automatisé, baptisé Marie Quantier.

Coach en placements financiers

« Nous sommes là pour guider les gens. Notre approche est celle du coach, de dire ce qu’il faut faire pour que les investisseurs apprennent et agissent par eux-mêmes », expose Mathieu Hamel, cofondateur de Marie Quantier. Une formule inaugurée en juin 2014 pour le compte-titres et maintenant disponible via un contrat d’assurance vie à frais réduits, accessible à partir de 1.000 euros à l’ouverture.

Moyennant un abonnement fixe de 5,90 euros par mois et après avoir rempli un questionnaire pour déterminer son profil, l’épargnant accède à une construction de portefeuille personnalisée et à des recommandations émises via des alertes e-mail ou SMS pour l’adapter aux conditions de marché. Des conseils auxquels il est possible de déroger en faisant ses proches choix. Marie Quantier propose, l’utilisateur dispose, en passant ses ordres lui-même en ligne. Rien de neuf à première vue, sachant qu’une prestation similaire est proposée depuis juin 2012 par Advize, une autre start-up fintech (technologies financières, NDLR).

Météo des marchés

L’innovation est ailleurs : le site MarieQuantier.com permet de consulter en temps réel une météo des marchés, élaborée à partir d’une intelligence artificielle (IA) qui scrute une batterie d’indicateurs afin de prendre le pouls de la macro-économie. C’est à partir du contexte et de la façon dont il est interprété par l’IA que les recommandations sont émises. « Nos clients n’ont pas envie de lire le Financial Times tous les jours. C’est pour cela que nous utilisons l’intelligence artificielle pour faire le travail d’analyse et de synthèse à leur place. Ce qui est pénible est fait par la technologie et le client reste maître de la décision », résume Mathieu Hamel.

Restituée par une interface interactive et très flashy, cette météo des marchés est complétée par un crash test, qui permet de quantifier précisément dans quelles proportions le portefeuille de chacun peut baisser. Ce que l’on appelle un budget de risques, visualisé sur le site par une jauge. A tout moment, l’investisseur peut s’assurer que le placement qu’il s’apprête à effectuer est compatible avec ce risque de perte globale maximum.

Maîtrise du risque de pertes

« La jauge montre en temps réel combien je peux perdre. Depuis la création de Marie Quantier, nos clients n’ont jamais dépassé leur budget de risques », se félicite Mathieu Hamel. Pour ce dernier, le système Marie Quantier n’a pas pour but de couper les positions pour s’immuniser totalement des marchés actions en période de baisse, mais de modifier la composition du portefeuille quand cela est nécessaire.

Ainsi, après la chute du début de l’année, les clients sont « restés investis à plus de 50% en actions », affirme-t-il, sachant que 90% d’entre eux suivent les conseils prodigués. A l’arrivée, la performance moyenne annualisée de la clientèle est négative à ce jour pour les personnes clientes depuis moins de 18 mois, selon des résultats affichés en toute transparence en bas de la page d’accueil du site et actualisés plusieurs fois par jour. En revanche, les premiers utilisateurs de la plateforme sont en terrain positif : +2,8% en moyenne, +1,1% pour la pire performance et +5,4% pour la meilleure.

Investissement en ETF

Pour appliquer les recommandations de Marie Quantier, la start-up et son partenaire assureur Suravenir ont fait le choix du low cost pour l’utilisateur : pas de frais sur versements, 0,6% de frais annuels de gestion sur les unités de comptes et le fonds euros et une offre financière destinée à comprimer les coûts : les supports financiers sont pour l’heure centrés sur une sélection de 35 trackers ou ETF (fonds indiciels cotés) qui permettent de coupler frais réduits et diversification. Les frais de transaction sont limités à 0,1% sur les investissements et désinvestissements effectués sur les ETF.

L’univers d’investissement, pour l’heure focalisé sur les actions et les obligations européennes et américaines, a vocation à s’élargir. D’ici quelques mois, le système intègrera des fonds classiques, lorsque les outils Marie Quantier auront terminé d’analyser leur stratégie et leur comportement en fonction des conditions de marché.

Pas de rétrocessions mais des commissions sur les gains

Si les performances sont au rendez-vous, Marie Quantier touchera une commission annuelle de 5% prélevée en cas de gain au 31 décembre de chaque année. Cette rémunération est prise sur la performance latente (non acquise par l’investisseur) et non en cas de rachat ou après un arbitrage lorsque le gain est acquis.

Mais « en cas de perte durant une année, nous ne percevons une commission l’année suivante que si le portefeuille est repassé au-dessus du niveau constaté à l’issue de la dernière année en hausse », tient à préciser Mathieu Hamel. Un mode de rémunération qui vise à « garantir une communauté d’intérêt avec les clients en évitant la perception de rétrocessions sur les supports financiers ».

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