Microcrédit solidaire : l’aide aux personnes modestes sans rendement


Vous voulez aider un projet de développement à l'autre bout du monde ? Vous pouvez donner de l'argent à une association mais aussi devenir un acteur du microcrédit.

 

Inventé par Muhammad Yunus, qui a obtenu le prix Nobel de la paix pour le cela, le microcrédit permet à des personnes modestes d’accéder à un financement afin de créer une entreprise.

En France, l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) propose ce type de prêts. Mais avec l’avènement d’Internet, des sites spécialisés ont été créés. Ils permettent aux particuliers de devenir des micros prêteurs en finançant les projets de leurs choix. Mais attention, ces sites ne sont pas destinés à générer des plus-values. En mettant de l’argent, vous n’obtiendrez pas de rendement. Il s’agit plutôt d’un acte citoyen.

Ancien banquier d’affaires, Arnaud Poissonnier a découvert le microcrédit en développant le concept au sein de l’ONG française Acted. En voyant les sites anglo-saxons de microcrédit entre particuliers, il a eu l’idée d’importer le concept en France. Avec son acolyte Aurélie Duthoit, il a fondé en 2008 Babyloan.

Ce site met en relation des prêteurs du monde entiers avec des porteurs de projets dans les pays en voie de développement. L’internaute s’inscrit sur le site, prête une certaine somme au projet de son choix. Lorsque la somme est réunie, le projet commence.

Mais ici, pas question de parler de taux d’intérêt pour le prêteur. « Il s’agit d’un acte philanthropique » explique Arnaud Poissonnier. Mais il ne s’agit pas non plus d’un simple don : le porteur de projet rembourse un prêt avec des intérêts.

Car l’internaute ne prête pas directement à un entrepreneur. Son prêt sert à refinancer un organisme local qui sélectionne les projets et avance l’argent. Et bien sûr, ce système à un coût. « Pour l’internaute, rien ne change. Cela lui apporte même plus de sécurité, car l’organisme doit le rembourser même si le projet financé capote. » Pour le fondateur de Babyloan, ce système permet aussi d’éviter les fraudes et participe à la baisse des coûts du microcrédit, et donc « in fine à la diminution des taux d’intérêt ». En moyenne l’internaute est remboursé entre trois et douze mois après le lancement du projet ;

Babyloan se finance grâce à une commission de 2,5% versée par l’organisme et un prélèvement de 2 euros par tranche de 100 euros du coté de l’internaute.

Fort de 7 500 membres de plus de 120 nationalités (dont 70% de Français), le site se revendique comme la troisième plateforme mondiale de microcrédit de particuliers. Il a permis la réalisation de plus de 4 000 projets.

Prochaine étape, Babyloan a signé un partenariat avec l’Adie pour proposer ses services en France. « La règlementation a changé en juin 2010. Les premiers projets devraient être mis en ligne fin 2010, début 2011 » indique Arnaud Poissonnier.

Un don plus qu’un prêt

Dans la même optique, vous pouvez défendre des projets de développement, de créations artistiques ou de commerce local en vous inscrivant sur Babeldoor ou sur Ulule Ici, l’apport financier à un projet s’apparente plus à un don qu’à un réel investissement.

Babeldoor sélectionne des projets. Ces derniers demandent une certaine somme pour pouvoir être réalisées. Si au bout de cents jours (120 jours chez Ulule), la somme n’est pas réunie, chacun reprend ses billes. Sinon, l’initiateur va pouvoir réaliser son projet. Mais rien ne garantie cependant qu’il le fasse et qu’il réussisse.

Surtout, l’initiateur du projet s’engage à des contreparties mais qui sont plus souvent symboliques que financières : une place de spectacle pour un projet culturel ou un lien sur un réseau social par exemple.

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