Montebourg veut orienter l’assurance vie vers les entreprises françaises


Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg a affirmé sa volonté de voir l'assurance vie être investie davantage dans le capital des grands groupes français. Quitte à contraindre les assureurs à aller dans ce sens.    

Montebourg en commission des affaires économiques

L’assurance vie n’est pas assez investie dans les entreprises françaises. C’est ce qu’a pointé le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg dans le cadre d’une audition sur l’affaire Alstom devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale le 20 mai 2014.

 

Le ministre a observé que la part des investisseurs français dans le capital des entreprises du CAC40 « n’était pas suffisante pour les protéger. Mais nous avons une épargne nationale extraordinaire, 1.300 milliards d’euros [1.484,2 milliards à fin mars 2014, NDLR] qui sont dans l’assurance vie, qui de surcroît jouit d’une bonification fiscale », a-t-poursuivi.

 

Arnaud Montebourg souhaite avant tout que les sociétés françaises cotées reviennent dans le giron tricolore. A la fin 2012, leur capital était détenu à plus de 46% par des investisseurs étrangers. Pour ce faire, il veut orienter davantage l’épargne de l’assurance vie vers le capital de grands groupes français plutôt que vers des fonds souverains. Les actions ne représentaient qu’environ 17% des placements des compagnies d’assurance, contre près de 40% pour les fonds souverains en juin 2013, selon les statistiques de la Banque de France.

 

Les assureurs contraints d’obtempérer ?

Pour arriver à ses fins, Arnaud Montebourg n’hésiterait pas à forcer la main aux assureurs. « Nous n’avons jamais encore à ce jour décidé d’augmenter le degré de contrainte sur les compagnies d’assurance pour qu’elles décident d’investir dans des proportions plus importantes dans les grandes entreprises de notre pays. Nous le pourrions », a indiqué le locataire de Bercy.

 

Le ministre de l’Economie s’est également interrogé sur le faible recours aux fonds de pension. Une question qu’il a l’intention de poser au président de la fédération française des sociétés d’assurance, Bernard Spitz le jeudi 22 mai : « Cette question, on va la poser aux assurances, aux fonds de retraites mutualistes en leur disant que nous avons besoin que cet argent, des milliards, des centaines de milliards, s’investisse dans nos entreprises », a-t-il avancé. Le rendez-vous est pris.

 

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