Obligations à haut rendement : un rebond des performances en 2012 ?


Les obligations « High Yield » (à haut rendement) n'ont pas échappé à la défiance générale qui prévaut depuis l'été 2011 et l'intensification de la crise de la dette souveraine qui touche en particulier les emprunts d'Etats de la zone Euro. Des sociétés de gestion telles que Nordea misent sur un rebond de cette classe d'actif en 2012.

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Les obligations européennes à haut rendement ont doublement souffert de la crise financière qui a frappé le Vieux continent l’an passé. Les fonds classés dans ce compartiment a accusé, d’après Europerformance, une décollecte équivalente à 10% des encours en août 2011 et 170 millions d’euros de rachats au troisième trimestre. Ces retraits se sont doublés d’une performance négative de 2,79% la catégorie Obligations européennes haut rendement selon Morningstar, la société d’analyses de performances de fonds. La société de gestion scandinave Nordea, considère que ce type d’actif pourrait performer dans un environnement économique tendu.

Classe d’actif performante en période de stagnation de l’économie

Marc Olivier, directeur général France de Nordea Investment Funds, est revenu sur cette défiance générale en affirmant que les investisseurs ont été particulièrement cruels avec la stratégie High Yield à partir de l’été 2011, alors que le problème se situe au niveau des Etats, pas des entreprises. Selon lui, la macroéconomie a pesé sur les choix d’investissement et les investisseurs ont liquidé les stratégies qu’ils estimaient les plus risquées, dont les obligations à haut rendement.

Dans son scénario prudent, Nordea estime que « la crise de la dette est loin d’être terminée », et que nous allons connaître « un environnement de faible croissance en Europe, voire très faible dans les années à venir ». Marc Olivier juge « pertinente » la stratégie High Yield car historiquement, ce sont dans les périodes de croissance faible voire nulle que les obligations à haut rendement performent le mieux, en comparaison avec toutes les classes d’actifs traditionnelles.

Par ailleurs, le niveau des spreads aujourd’hui (écart d’environ 900 points de base par rapport au taux de l’emprunt d’Etat allemand) sont nettement au-dessus de la moyenne historique et bien que « les taux de défaut vont augmenter, ils devraient le faire dans des proportions raisonnables. » Selon lui, les entreprises sont en général bien positionnées pour résister à un nouveau coup de frein économique, du fait de situations financières plus saines, suite à la période de désendettement qui a suivi la précédente crise de 2008-2009.

En conclusion, Marc Olivier considère « le moment opportun pour se repositionner sur le High Yield afin de profiter d’une réduction du niveau des spreads qui est aujourd’hui excessif ».

Le fonds Nordea European High Yield Bond Fund est géré par une société indépendante « Capital Four » composée de 4 anciens gérants de Nordea spécialisés dans le haut rendement. En 10 ans, cette sicav dont l’actif net dépasse les 1,2 milliards d’euros a traversé 3 récessions. Sur la dernière décennie, elle a offert un rendement annuel brut de 6,95%.