Obligations bancaires européennes : produits dangereux ?


Lazard Frères Gestion considère que les dettes financières bénéficient d'une bonne visibilité des cash flows tout en offrant des rendements élevés, bien que ces obligations soient encore très corrélées aux emprunts d'Etat.

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« Les rendements très élevés ne reflètent pas les fondamentaux actuels et s’approchent des plus hauts historiques après la faillite de Lehman Brothers », souligne François Lavier, l’analyste-gérant du fonds Objectif Crédit Fi, pointant les performances de ce type de placement.

Concernant le risque souverain, la société de gestion apprécie l’action de refinancement opérée par la Banque Centrale Européenne (BCE). Pourtant, elle juge la politique de sortie de crise menée par la zone Euro comme potentiellement risquée, notamment en termes de déflation. La société recommande une sélectivité au sein des créances de la zone euro.

De plus, Lazard Frères Gestion estime que la corrélation entre risque bancaire et souverain est élevée, de l’ordre de 90%. Selon elle, les banques sont ainsi dépendantes de la situation économique d’un pays, mais également de la capacité des Etats à les soutenir si nécessaire. « Ainsi, un système bancaire endetté dans un Etat lui-même endetté offre une mauvaise combinaison », résume François Lavier.

Position sur les PIIGS fortement réduite

Concrètement pour son fonds Objectif Crédit Fi axés sur les obligations émises par les institutions financières européennes, le gérant a fortement réduit son exposition aux établissements financiers des PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne), pays englués dans la crise de la dette européenne. Historiquement, le fonds était investi entre 30-35%. En raison de la crise, la position a été réduite drastiquement pour atteindre 3,6% à la fin du mois de janvier 2012.

François Lavier a donc reporté ses investissements vers les dettes hors zone Euro pour environ 17%. Ces dernières représentent désormais près de 43% du fonds. Il s’est orienté vers ce type de créance puisque les banques centrales hors zone euro comme le Royaume-Uni possèdent toute leur souveraineté et donc plus de leviers (la dévaluation, NDLR) en cas de grave crise. Le gérant a aussi réinvesti 8% du fonds sur des « pays plus défensifs de la zone Euro » tels que l’Allemagne.

Au niveau sectoriel, ce sont les assureurs qui ont profité de cet arbitrage du fait d’une moindre dépendance vis-à-vis des financements de marché. Leur part a été augmentée de 15%.