Oceasoft : les objets connectés B to B à la Bourse de Paris


Oceasoft, PME montpelliéraine en forte croissance spécialisée dans les capteurs sans-fil pour les secteurs de la santé et de l'agro-alimentaire veut lever 7,5 millions d'euros sur Alternext. Eligible aux dispositifs PEA/PEA-PME et Tepa ISF, l'opération s'adresse aux investisseurs à la recherche d'un potentiel de plus-values à moyen-long terme.  

Oceasoft : IPO sur Alternext Paris

Sur le devant de la scène du Consumer Electronics Show (CES), la grand-messe de l’électronique organisée à Las Vegas du 6 au 9 janvier 2015, les objets connectés font leur entrée en Bourse. Oceasoft, PME montpelliéraine spécialisée dans la conception de capteurs sans-fil de paramètres physiques (température, pression, humidité, etc.), souhaite lever 7,5 millions d’euros à l’occasion de son entrée sur Alternext Paris. La souscription à l’augmentation de capital est ouverte jusqu’au jeudi 22 janvier 2015 à un prix compris entre 8,10 et 9,90 euros par action.

Différenciation technologique

Tournée vers deux principaux marchés, la santé humaine et l’agro-alimentaire, ainsi qu’un marché en devenir, la mesure de la pollution, la société n’intervient pas auprès du grand public mais sur des applications industrielles. Selon le président-fondateur Laurent Rousseau, l’un des principaux facteurs de différenciation de la PME, qui compte le mastodonte américain GE parmi ses concurrents, est d’ordre technologique. « Nous avons mis au point des capteurs intelligents à transmission radio-fréquence à très longue portée (15 et 25km), de grande précision et à très faible consommation d’énergie », résume le dirigeant. Autre avantage concurrentiel, l’Emerald (boîtier mobile Bluetooth) peut voyager dans des conteneurs par voie aérienne puisqu’il dispose d’une technologie brevetée le mettant automatiquement en mode avion.

Sans usine, Oceasoft réalise la R&D de ses capteurs avec une équipe de 12 ingénieurs, achète les matières premières et les composants, et les fait assembler par des sous-traitants en France avec un contrôle qualité post-production. En plus des capteurs, l’entreprise est en mesure de proposer une offre complète, telles que l’intégration des données collectées dans le système d’information du client, leur mise à disposition dans des services cloud (hébergés à distance) ainsi que l’installation, la maintenance et le réétalonnage des capteurs.

PME en croissance rentable

Au terme de l’exercice 2013/2014 clos le 30 juin, le groupe réalisait un chiffre d’affaires de 4,6 millions d’euros après avoir enregistré un taux de croissance annuel moyen de 22% sur 5 ans. Rentable, Oceasoft a affiché une marge nette de 9% sur son dernier exercice et a quasiment autofinancé sa croissance depuis sa création en 1999.

Les ventes directes comptaient pour 54% et celles via des distributeurs pour 46%. Par activité, 68% des revenus étaient générés par la vente de produits et logiciels, et 32% concernaient les prestations de services. A noter que 23% du chiffre d’affaires enregistré dans les prestations de services est récurrent puisqu’il concerne le réétalonnage et la maintenance des capteurs. Géographiquement, les ventes en France représentent 55% des revenus, celles en Europe 19%, en Amérique du Nord 20% et en Asie 6%.

L’expansion géographique est justement la motivation principale de l’augmentation de capital. Plus de la moitié de l’argent frais doit être affecté au renforcement des fonctions marketing et commerciales, via notamment la création de quatre filiales à l’étranger dont deux en Asie du sud-est, une en Inde et une aux Etats-Unis. L’objectif est double : accompagner et muscler le réseau de distributeurs avec des commerciaux en avant-vente, et créer une activité d’étalonnage en Amérique du Nord afin de réintégrer une activité récurrente et rémunératrice jusque-là sous-traitée.

Quadruplement des ventes visé d’ici à 2017

Des développements qui sont censés favoriser une croissance extrêmement forte de l’activité : la société vise un quadruplement de ses ventes à l’horizon 2017. Dans la note de valorisation de l’établissement introducteur Portzamparc, on trouve un chiffre d’affaires 2014/2015 de 5,6 millions d’euros (+20,9%) avec une perte d’exploitation de 0,3 million d’euros contre un résultat d’exploitation positif de 0,6 millions d’euros en 2013/14.

Pour 2016, le chiffre d’affaires est attendu à 10 millions d’euros (+78,6%), avec une rentabilité d’exploitation de 1,1%. La valorisation effectuée par Portzamparc prend pour hypothèse un taux de croissance annuel moyen de 31,7% avec une marge d’exploitation de 25% au sommet et de 15% de façon normative. La société devrait consommer 7 millions d’euros de cash-flow libre (flux de trésorerie après investissements, NDLR) en 3 ans d’après l’intermédiaire financier, soit peu ou prou le montant de l’augmentation de capital envisagé.

Faut-il souscrire à l’IPO d’Oceasoft ?

Oceasoft est une belle PME présentant un track-record (historique) de développement solide et rentable, des marchés porteurs en croissance. La principale inconnue réside dans la capacité d’exécution d’un business plan très agressif. Dès lors, les multiples de valorisation facialement élevés – Oceasoft se paie 3,3 fois son chiffre d’affaires estimé de l’année en cours et une fois le chiffre d’affaires 2016/2017 – ne se justifient qu’à condition que les prévisions se réalisent. Signe encourageant cependant, le président Laurent Rousseau ainsi que Sofilaro et Soridec, actuels actionnaires, se sont engagés à souscrire à hauteur de 1 million d’euros à l’augmentation de capital dans les mêmes conditions que les non-actionnaires. Une marque de confiance loin d’être systématique à l’occasion d’introductions en Bourse.

L’avis de la rédaction

Opération à réserver aux investisseurs en quête de plus-value à long terme, n’ayant pas froid aux yeux et prêts à accepter un parcours boursier erratique si la croissance n’est pas au rendez-vous. Eligible aux enveloppes PEA/PEA-PME et au dispositif ISF-PME, la souscription se prête bien à l’utilisation de ces outils permettant d’atténuer la pression fiscale sous condition de détention de 5 ans minimum.

 

Vidéo : interview de Laurent Rousseau, président-fondateur d’Oceasoft