Opérations de Bourse : des rendements amputés par les frais des banques


Les frais appliqués sur les investissements financiers des épargnants sont très variables selon les intermédiaires. L'écart des coûts facturés par les courtiers en ligne et les banques traditionnelles s'accroît. Au détriment du rendement des placements des clients des grands réseaux.

L'Autorité des marchés financiers

« Les frais des placements financiers ont un impact parfois non négligeable sur le rendement des placements. » L’Autorité des marchés financiers (AMF), dans son Observatoire de l’épargne de mai 2014, dresse un bilan peu reluisant de la tarification appliquée par les banques traditionnelles aux investissements financiers de leurs clients. Des coûts élevés, propres à ces établissements, qui amputent sensiblement la rentabilité des placements des particuliers.

Passer un ordre 2,5 fois moins cher chez un courtier

Le constat du gendarme de la Bourse s’appuie notamment sur les différences entre les frais pratiqués par les grands réseaux et ceux facturés par les spécialistes de l’épargne en ligne. « Internet constitue le canal le moins onéreux pour passer des ordres d’achat ou de vente d’actions », remarquent les auteurs du dossier. Le coût moyen d’une opération d’un montant de 5.000 euros se limite ainsi à 10,4 euros en passant par un courtier en ligne, contre 26,50 euros pour une banque traditionnelle. Soit un rapport de 1 à 2,5. Mais surtout, ce fossé tend à se creuser puisque les frais des banques ont augmenté de 6% en 2 ans tandis qu’ils ont reculé sur la même période de 7,5% chez leurs concurrents.

La comparaison entre les droits de garde, qui « rémunèrent la conservation des titres et les opérations administratives effectuées par l’établissement pour le compte des titulaires », est encore plus saisissante. Les spécialistes de l’épargne en ligne n’en prélèvent aucun alors que les grandes banques opèrent en moyenne un prélèvement équivalent à 0,78% des montants investis pour un portefeuille de 10.000 euros composé de 10 lignes, soit 77,8 euros. Une somme qui grimpe à 174,3 euros pour un portefeuille de 60.000 euros, pour des frais moyens de 0,29%.

Deux simulateurs pédagogiques et un appel à la vigilance

Additionnés, les frais prélevés par les banques ont ainsi une réelle influence sur le rendement d’un placement. « Le montant moyen des frais de bourse pour un investisseur relativement actif (4 ordres par an de 5.000 euros et 10 lignes pour 60.000 euros au total) représente 0,47 % du montant de son portefeuille (281 euros) », contre seulement 42 euros chez un courtier en ligne pour un même profil d’investisseur.

Ces fortes disparités seraient même accentuées par l’opacité des frais facturés par les grands réseaux bancaires. Les visites mystères menées par l’Autorité des marchés financiers lui ont notamment permis de constater qu’ « une majorité de chargés de clientèle ne présente pas spontanément les frais des placements ». L’AMF appelle donc les épargnants à la vigilance sur les frais qui sont appliqués. Pour leur faciliter la tâche, elle met à disposition des investisseurs deux simulateurs pédagogiques, permettant pour l’un de calculer le rendement d’un placement net de frais et pour l’autre le coût annuel d’un investissement direct en actions.

 

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