Or : après les records, la chute ?


Les cours de l'or volent de record en record. Le métal jaune, coté sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), a vu son cours toucher un plus haut historique le 30 janvier à plus de 940 dollars américains l'once.

Les niveaux atteints ces dernières semaines excèdent largement les précédents sommets établis à la fin de janvier 1980, où l’once était valorisée 850 dollars. Un bond dopé par les arrêts de production des sociétés minières sud-africaines, privées d’électricité, alors que l’Afrique du Sud est le deuxième producteur mondial d’or après la Chine, illustrant le ralentissement de la production mondiale. Selon le Gold Survey établi par le cabinet londonien de consulting en métaux précieux GFMS, la production mondiale du métal précieux a chuté de 1% en 2007. La Chine, avec une production qui a progressé de 12% l’an passé, a détrôné l’Afrique Du Sud, qui occupait la position de premier producteur mondial depuis plus d’un siècle. La faute à une production en chute de 8%. D’autres poids lourds ont vu leur production décliner : les Etats-Unis (-5%), et le Pérou (-17%). Cette baisse de l’offre, amorcée à la fin des années 1990 (fermeture de mines les plus difficiles à exploiter) ne saurait à elles seules expliquer la situation. Les investisseurs voient en effet dans l’or une valeur refuge contre le dollar qui ne cesse de s’affaiblir. L’envol des cours de l’or le 30 janvier est intervenu à la suite de l’annonce de la Réserve fédérale américaine (Fed) de baisser d’un demi-point son principal taux d’intérêt directeur, décision qui dévalorise le billet vert. C’est dans ce contexte que la banque d’affaires américaine JPMorgan a révisé en hausse ses prévisions de pic des cours de l’or pour 2008 en les portant à 950-975 dollars l’once avec une forte probabilité qu’elle tutoie les 1.000 dollars. Ces niveaux vont-ils pour autant se maintenir ? A ces prix, les intermédiaires considèrent que la demande physique des bijoutiers (39% de la demande mondiale sur la période 2002-2006) pour l’or stagne, la demande actuelle étant par déduction essentiellement le fait de la spéculation. Selon une étude établie en début d’année par la Société générale, l’once d’or, qui s’échangeait en moyenne à 697 dollars l’once en 2007, devrait connaître une légère hausse en 2008 (725 dollars), avant de chuter : 600 dollar en 2009, 550 dollars en 2010 et 500 dollars en 2011. En attendant, les conditions de prix sont propices aux sociétés exploitantes dont certaines sont cotées à Paris. Tel est le cas d’Auplata, coté sur Alternext et d’Euro Ressources, sur Eurolist. Si la première exploite ses propres mines, la seconde tire l’essentiel de ses revenus d’une redevance sur la production d’or de la mine de Rosebel au Surinam. La prudence est cependant de mise : l’exploitation du minerai est risquée (pollution, gisements moins juteux que prévu, grèves d’ouvriers, etc.). Pour plus de sécurité, mieux vaut alors se reporter sur des fonds ou Sicav investis en valeurs or et matières premières.