PEA PME : la portion congrue pour les placements dans le non coté ?


Les PME non cotées devront-elles se contenter des miettes du PEA PME ? Cette nouvelle enveloppe d’investissement dans les PME et les ETI plafonnée à 75.000 euros doit faire son apparition le 1er janvier 2014. Elle pourrait attirer plusieurs centaines de millions d’euros d’épargne par an auprès d’investisseurs avertis souhaitant bénéficier de gains (dividendes et plus-values) exonérés d’impôt sur le revenu pendant 5 ans. Mais Louis Godron, président de l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) se fait peu d’illusion quant à l’impact du PEA PME sur le financement du non coté, les détenteurs étant enclins à procéder à des placements liquides.

 

« Dans un contexte de pénurie de levées de fonds, le PEA PME n’est qu’une réponse très partielle à la problématique de financement des PME. Extrêmement partielle parce que le PEA classique prévoit déjà la possibilité d’y mettre des parts de sociétés non cotées. En réalité très peu de gens le font : le PEA est un outil dans lequel les détenteurs investissent dans des sociétés cotées. Je pense que l’épargne investie dans le PEA PME ira massivement dans des PME françaises et européennes cotées, mais très peu dans les PME non cotées », estime ce représentant des professionnels du capital-investissement.

 

Louis Godron a tout de même salué l’adoption d’un amendement du député PS Laurent Grandguillaume permettant d’inclure les FCPR, FIP et FCPI dans les PEA PME. « Cela va aider, mais ce ne sera certainement pas à la hauteur des 6 milliards d’euros de besoins en fonds propres dont nous avons besoin pour alimenter les financements en capital des PME. »