Pictet affiche un biais défensif pour 2012


La banque privée suisse, Pictet, a dévoilé sa vision macroéconomique mais également son allocation d'actifs pour 2012. Sa politique d'investissement demeure partagée selon deux poches : un gros tiers d'allocation tactique (35,5%) et l'essentiel en allocation défensive (65,5%) pour « amortir les chocs ».

placement, banque, euros, rouage

Pictet table sur une croissance mondiale de l’ordre de 3,5%, qui masque un « double découpage entre les pays développées et émergents ».

La monnaie unique européenne doit survivre

Le premier découplage se situe au sein même des économies. Pictet estime que l’Europe est en « récession douce » et les Etats-Unis avec seulement 2% de croissance sont loin de leur potentiel de 3%. A l’inverse, la banque privée souligne que les pays émergents évoluent sur des taux moyens durables de 4%. Selon elle, la première économie mondiale et le Vieux Continent sont confrontés à un manque de demande intérieure qui est « bridée par l’insuffisance des créations d’emplois ». Spécifiquement pour l’Europe, Christophe Donay, responsable de l’allocation d’actifs et de la recherche économique, présage que « l’euro devrait survivre, mais les choses vont empirer avant que les autorités européennes ne décident de sortir l’artillerie lourde ».

Le second découplage provient de la coexistence de deux régimes d’inflation. Christophe Donay considère que les pays développés ne devraient pas souffrir de ce phénomène alors que les pays émergents afficheront des taux nettement supérieurs aux objectifs des banques centrales. Il rappelle que la Banque centrale chinoise a déjà réévalué son objectif d’inflation à la hausse pour le porter à 4%.

En l’absence de reprise économique mondiale et d’un manque de visibilité sur l’issue de la crise de la dette européenne, Christophe Donay n’anticipe une diminution de la volatilité qui devrait rester sur des niveaux élevés. Les marchés financiers seront encore influencés, d’après lui, par les décisions politiques. La banque suisse prévoit une poursuite du marché baissier des actions du fait du ralentissement économique pesant sur la croissance des bénéfices, principal moteur de cette classe d’actifs.

Allocation tactique : liquidité, actions chinoises, obligations américaines

Dans ce contexte, Pictet maintient son allocation d’investissement scindée en deux parties. La première s’attache à « préserver le capital » et la seconde à « générer du rendement » via une allocation tactique.

Actuellement, l’allocation tactique se décompose ainsi : 5% sur des actions régionales (indices européens par exemple), 5% sur des actions chinoises, 10% sur des obligations à 10 ans américaines et 15,5% en liquidités. Cette allocation représente ainsi 35,5% du portefeuille global.

La liste de l’allocation dite « défensive » est sans équivoque : 7% en or, 10% en fonds alternatifs à faible volatilité, 5% sur des fonds alternatifs axés sur le trading, 20% en actions défensives (sociétés qui génèrent d’importants cash-flows) et pour finir 22,5% en crédit notamment en obligations « Investment Grade » (emprunts privés de haute qualité). Objectif affiché par Christophe Donay : « amortir les chocs » qui pourraient survenir en 2012.

Une des principales convictions de la société est et reste le métal jaune, elle vise une once d’or à 3000 dollars d’ici trois ans notamment soutenue par les politiques monétaires accommandantes des banques centrales. Concernant les obligations d’entreprise, Pictet apprécie les rendements attrayants et la stabilité de la valeur de la classe d’actifs.