Placement : l’épargne plutôt que l’investissement, le mauvais calcul pour la retraite


Premiers de la classe lorsqu'il s'agit d'épargner, les Français rechignent à investir en actions. Le rendement de leurs placements s'en ressent fortement. Inquiétant dans l'optique de la préparation à la retraite...      

En délaissant l'investissement, les Français passent à côté d'intérêts significatifs

Les Français épargnent mal. Entre la peur de mal faire, de perdre leur capital et la crainte de ne plus contrôler leur argent, les Français mettent massivement de côté mais se montrent trop peu regardants sur le rendement de leurs placements financiers. C’est l’un des principaux enseignements de l’enquête mondiale « Global Investor Pulse »* du géant de la gestion d’actifs BlackRock dont les résultats ont été dévoilés le 26 mai 2016.

Champions d’Europe, avec 87% de sondés détenant un produit d’épargne contre 83% pour la Belgique, 79% au Royaume-Uni ou 75% en Allemagne, les Français sont toutefois particulièrement frileux lorsqu’il s’agit d’investir dans des actifs risqués. Seul un tiers d’entre eux (33%) affirme posséder des placements tels que des actions, bien loin des pourcentages atteints en Allemagne (44%) et surtout en Suède (61%).

Ainsi, le portefeuille financier d’un Français est composé pour près des trois quarts de liquidités (Livret A, livrets bancaires, …) ou de contrats d’assurance vie en euros, sur lesquels le capital est garanti. A l’inverse, les actions (4%) et les obligations (3%) occupent une place marginale dans leurs placements.

Sous-rémunération de l’épargne

Conséquence de ces choix d’épargne peu diversifiés, les Français laissent échapper une partie du rendement qui pourrait leur revenir. Interrogés sur la composition idéale de leur portefeuille, ils admettent volontiers que la part de liquidités (55%) est trop élevée et devrait se limiter à 31%. « Les Français savent qu’ils sont trop investis en cash, constate la responsable de la distribution chez BlackRock en France, Ivana Davau. Ils ont la conviction qu’il faut investir de manière différente et plus pérenne. » Une prise de conscience qui ne se traduit pourtant pas dans leurs placements… et dans le rendement de leur épargne. La performance actuelle de leur portefeuille s’établit ainsi à 26,77% sur 10 ans, tandis qu’elle atteindrait 36,99% sur la même période s’ils concrétisaient leur envie de diversification, en augmentant la part d’actifs risqués dans leurs placements.

Interrogés sur les freins à l’investissement, les Français admettent ne pas être à l’aise avec ce type de placement. Plus de la moitié d’entre eux (51%) expliquent avoir peur de perdre une partie de leur argent, voire la totalité (44%). Un sentiment logique, alors que seuls 47% des sondés affirment se sentir capables de prendre des décisions financières et que 28% jugent que l’investissement est tout simplement trop compliqué pour eux.

Préparation tronquée pour la retraite

La sous-rémunération des placements des Français se traduit logiquement dans leur préparation à la retraite. Si l’épargne en vue de cette période de leur vie est une priorité pour 52% des personnes interrogées, seuls 32% des Français se disent confiants pour obtenir le niveau de revenus souhaité à la retraite. Pour pallier la différence, « 58% déclarent qu’ils dépenseraient moins pour les sorties et les vacances », souligne Stephanie Fawcett, responsable de l’étude. Un défaitisme qui n’a rien de surprenant alors que moins d’un Français sur quatre (24%) sait combien il doit épargner pour obtenir le niveau de revenus souhaité pour sa retraite.

Comment, dans ces conditions, aider cette population à mieux se préparer pour la fin de sa vie active ? Pour BlackRock, pas de secret : le salut passe par le conseil. Car si plus d’un Français sur deux n’a jamais fait appel aux services d’un conseil financier, ceux qui ont franchi le pas se montrent beaucoup plus sereins à l’évocation de la retraite. Ainsi, 40% de ces derniers s’estiment bien préparés financièrement pour leur retraite, contre 20% pour les autres.

*Enquête réalisée entre juillet et septembre 2015 dans 20 pays, dont 8 en Europe, auprès de 31.000 sondés âgés de 25 à 74 ans.

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