Placement : pourquoi les Français conservent leur or


Près de trois propriétaires d'or sur quatre gardent leur or plus de dix ans, selon un sondage Ipsos pour CPoR Devises publié le 19 novembre 2014. Si les Français considèrent ce placement comme une valeur refuge, ils sont également refroidis par la hausse de la fiscalité à la revente.

Or et taxation

Les Français et l’or, c’est une histoire d’amour… qui dure. En effet, près d’un particulier sur huit (12%) possède le métal précieux sous forme de pièces ou de lingots, selon un sondage Ipsos pour CPoR Devises publié le 19 novembre 2014. Surtout, 73% de cette population le conserve 10 ans ou plus. Le cours du lingot l’or étant passé de 43.650 euros en novembre 2012 à 30.980 euros à la clôture du marché le 19 novembre 2014, soit une chute de plus de 29% en deux ans, comment expliquer que les Français ne se soient pas séparés de leur métal jaune alors que le cours de leur actif périclitait ?

Toujours une valeur refuge

Tout d’abord, malgré une période difficile, 26% des Français se disent toujours prêts à acheter des pièces ou des lingots pour se constituer un patrimoine ou placer leur argent pour dégager une plus-value à la revente. A ce titre, 32% des sondés jugent que l’investissement dans l’or figure parmi les placements les plus rentables, derrière l’immobilier (49%) et l’assurance vie (39%) mais à égalité avec les actions et devant le Livret d’épargne logement (21%) et le Livret A (20%).

Par ailleurs, les détenteurs d’or affirment ne pas l’avoir vendu pour une raison principale : 76% d’entre eux expliquent avoir conservé cette relique barbare car elle constitue à leurs yeux une valeur refuge. Le fait que huit sondés sur dix aient reçu leur or par héritage (45%) ou donation (35%) peut également expliquer l’attachement des Français pour le métal précieux.

Toutefois, la transmission de l’or et son aspect rassurant ne sont pas les seules explications à l’attachement apparent des Français à cet actif : 47% des détenteurs disent attendre une remontée des cours pour céder leurs pièces et lingots. Autres freins significatifs à la revente d’or, la difficulté à prouver la propriété de l’or auprès de l’administration fiscale pour un sondé sur cinq (20%) et le niveau des taxes trop élevés pour 14% des propriétaires d’or.

La fiscalité en cause

Durcie par le projet de loi de finances pour 2014, la taxation des métaux précieux apparaît désormais comme un obstacle à la cession d’or par leurs propriétaires. « 73% des personnes qui possèdent ou ont possédé de l’or savent qu’il existe des différences importantes sur la législation en matière de taxation à la revente d’or entre les pays européens », avance ainsi l’Ipsos. En cause, le relèvement de 7,5% à 10% du taux de la taxe forfaitaire sur les métaux précieux, auquel il faut ajouter la CRDS au taux de 0,5%. Pour les détenteurs d’or en mesure de justifier de sa provenance, l’option pour le régime des plus-values de cession de biens meubles est également moins intéressante : l’imposition forfaitaire de 34,5% sur le gain réalisé à la revente ne bénéficie plus que d’un abattement de 5% par an à compter de la deuxième année, contre 10% auparavant. Deux Français sur trois possédant ou ayant détenu de l’or affirment par conséquent que la législation en place constitue un frein important à la revente. Si elle venait à évoluer, la moitié de cette population serait prête à vendre son or.