Placements financiers : dans quelles classes d’actifs investir en 2012 ?


Les principales maisons de gestion de la place parisienne ont partagé leur vision des perspectives macroéconomiques pour 2012 mais aussi leurs allocations d'actifs issues de leurs politiques, tactiques et/ou stratégiques, d'investissement. Un consensus favorable se dégage pour certaines classes d'actifs telles que les obligations « High Yield » (haut rendement).

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Globalement, les sociétés de gestion n’anticipent pas pour 2012 une année de forte croissance, les perspectives de croissance mondiales oscillent généralement autour des 4%. Par exemple, la banque privée suisse Pictet table sur une croissance mondiale de l’ordre de 3,5% alors que Jean-Marie Mercadal, le directeur général en charge des gestions chez OFI AM, n’écarte pas la probabilité d’être en dessous de 4%. De son côté, le FMI a révisé en baisse de trois-quarts de points sa prévision le 24 janvier dernier, de 4% à 3,25%.

Pas d’implosion de l’euro

Concernant l’Europe, les scénarios ne sont pas très optimistes du fait de perspectives de récession. Mais l’heure n’est pas non plus au catastrophisme. Aucune société de gestion ne mise sur un éclatement de la zone euro, ni sur l’abandon de la monnaie unique. « L’euro devrait survivre, mais les choses vont empirer avant que les autorités européennes ne décident de sortir l’artillerie lourde », résume Christophe Donay, le responsable de l’allocation d’actifs et de la recherche économique chez Pictet.

Du côté des pays émergents, les différents stratèges et économistes reconnaissent le ralentissement économique de la zone mais restent confiants sur le niveau de croissance globale. Ils considèrent que ces pays devraient encore être le moteur de la croissance mondiale. Carmignac Gestion, très axé sur cette thématique, y voit même une « opportunité d’investissement majeure » en raison de l’amélioration de la liquidité via l’assouplissement monétaire, des valorisations à des plus bas historiques et le désamour des investisseurs pour la zone.

Regain d’intérêt pour les obligations High Yield

Dans cet environnement économique et financier tendu, les sociétés de gestion ont identifié des classes d’actifs susceptibles de dégager des performances intéressantes. L’une des premières citées est celle du marché obligataire à haut rendement. Marc Olivier, le directeur général France de Nordea Investment Funds, considère « le moment opportun pour se repositionner sur le High Yield afin de profiter d’une réduction du niveau des spreads qui est aujourd’hui excessif ».

Toujours dans les produits de taux, plusieurs stratèges comme Pascale Auclair, la directrice des gestions de La Française AM (ex-UFG-LFP) apprécient les obligations convertibles et Investment Grade (signature de bonne qualité). Les obligations d’Etat les plus solides (allemandes et américaines) sont délaissées du fait de leur faible rendement (1,80% sur 10 ans pour les « bunds » allemands au mois de janvier 2012).

Les actions émergentes sont appréciées

Pour les actions, l’opinion n’est pas très affirmée. Patrick Arthus le directeur de la recherche et des études de Natixis et Valentijn Van Nieuwenhuijzen le directeur de la stratégie chez ING IM ont une opinion positive sur cette classe d’actifs soulignant le faible niveau de valorisations. A l’inverse, Jean-Marie Mercadal est neutre en raison du « manque de visibilité » et d’une dynamique de révision à la baisse des perspectives de profit. Toutefois, une forme de consensus favorable semble émarger pour deux zones : les actions américaines et les actions émergentes.

Tout comme les actions, les matières premières ne font pas l’unanimité chez les économistes. Natixis et ING IM se révèlent encore une fois positifs alors qu’UBS AM envisage un potentiel de baisse notable pour l’énergie et les métaux du fait d’un manque de visibilité sur la croissance et des facteurs à risque comme la crise de la dette européenne ou les politiques de rigueur des deux côtés de l’Atlantique. Certaines sociétés de gestion tels que Pictet conserve une niveau élevé d’allocation sur l’or qu’il considère toujours comme une valeur refuge. Malgré son biais négatif sur les « commodities » (terme anglo-saxon pour les matières premières, NDLR), UBS AM considère que « ce sera un actif relativement défensif dans la catégorie des matières premières ».

Pourquoi une mise en avant des obligations High Yield et des actions des pays émergents ? Certainement parce qu’elles n’ont pas performé en 2011. Ces deux classes d’actifs ont été massacrées l’an passé des performances très négatives à cause d’une forte aversion au risque dans la foulée des problèmes de dettes européennes. Selon Morningstar, les OPCVM sur les emprunts privés High Yield en euros ont chuté en moyenne de 2,79% en 2011 et la catégorie des fonds émergents de 18,28%.

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