Placements financiers : sur quelles classes d’actifs investir après le rebond de début 2012 ?


Robeco, société de gestion de la banque néerlandaise éponyme, estime que le rebond des actifs risqués opéré depuis le début de l'année devrait « ralentir ». En cause, un moral des investisseurs fragilisé par les faiblesses de la zone euro, les incertitudes politiques ou les tensions géopolitiques vis-à-vis de l'Iran. Dans ce contexte, Ronald Doeswijk, stratégiste en chef de Robeco, donne son opinion sur les différentes classes d'actifs.

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« Des nuages pointent à l’horizon. Un revirement du sentiment est à prévoir. Il reste en effet vulnérable à une mauvaise gestion de la crise, aux troubles politiques et à la faiblesse des économies périphériques. Et ce n’est pas tout. Les bénéfices ne devraient pas être à la hausse car la période de mai à octobre, au cours de laquelle les actions ont du mal à générer une prime de risque, approche et un conflit nucléaire menace en Iran », estime le stratège dans un communiqué.

Dans cet environnement assombri, Ronald Doeswijk considère que le rallye du début d’année sur les actifs risqués comme les actions, l’immobilier et les matières premières, devrait ralentir dans les semaines ou (au mieux) dans les prochains mois. Il est d’ailleurs neutre sur ces deux dernières classes d’actifs.

Pays émergents et obligations d’entreprises

Comment adapte-t-il son allocation d’actifs ? Le stratège de Robeco conserve une préférence pour les obligations d’entreprises et la dette des marchés émergents par rapport aux obligations d’État. Selon lui, les obligations investment grade (bonne qualité) et high yield (haut rendement) continuent de surperformer les obligations d’État. Pourquoi ? « Le facteur clé est la forte liquidité fournie par les banques centrales à travers le monde, ce qui devrait rapprocher encore les spreads (écarts de taux, NDLR) des obligations d’entreprises de leurs moyennes historiques. De plus, un environnement de croissance économique modérée leur est favorable », présage-t-il.

« Les taux de rendement sur les marchés matures ayant atteint des plus bas sans précédent depuis des décennies, l’équipe préfère la dette des marchés émergents. Cette recommandation positive est due au fait qu’un nouveau ralentissement des marchés émergents après celui de 2011 est peu probable, l’inflation étant bien gérée » affirme le stratège de Robeco concernant sa deuxième plus forte conviction.

Au sein des marchés actions, il apprécie fortement les pays émergents. « Les perspectives fondamentales à long terme soutiennent une valorisation semblable à celle des marchés matures. Actuellement, nous estimons la sous-évaluation à environ 10 %. Les évolutions de bénéfices étant alignées sur le marché, nous prévoyons que les marchés émergents vont enregistrer une surperformance », affirme Ronald Doeswijk. Il privilégie également l’Amérique du Nord par rapport à l’Europe et la région Pacifique.