Pourquoi les Français hésitent à investir en entreprise


Huit Français sur dix se disent prêts à investir dans une entreprise, selon un sondage OpinionWay pour Infopro–Actionnaria 2014. Derrière ce résultat surprenant se cachent de fortes disparités entre les investisseurs actifs et le grand public, qui veut plus de transparence sur les entreprises financées.

La Bourse et les Français

Les Français sont prêts à investir dans les entreprises, mais pas n’importe lesquelles. C’est ce que révèle un sondage OpinionWay pour Infopro–Actionnaria 2014 rendu public mardi 14 octobre 2014, un peu plus d’un mois avant l’ouverture du salon Actionaria* dédié à l’investissement en entreprise.

Sur les 1.030 personnes interrogées, 80% seraient en effet tentées d’affecter une partie de leur épargne au financement d’une entreprise. Mais « une entreprise qui leur correspond », nuance Philippe Le Magueresse, directeur général de l’institut OpinionWay. Ainsi, 39% des sondés investiraient dans une entreprise qu’ils seraient susceptibles de créer. Chez les « investisseurs décideurs actifs », inscrits au salon Actionaria en 2014 et ayant effectué au moins une opération d’achat ou vente sur un produit coté lors des 12 derniers mois, ce pourcentage se limite à 37%. L’investissement au capital de l’entreprise dans laquelle il travaille est également plébiscité par l’investisseur lambda (32%) comme par l’investisseur actif (49%). Inversement, alors que la préférence des 300 investisseurs actifs se tournerait à 89% vers des entreprises du CAC40, seuls 27% du grand public pencherait pour ces grosses cotations.

Beaucoup de risques, peu d’informations

Pour Philippe Le Magueresse, ces résultats « révèlent que l’on a besoin de se sentir proche de l’entreprise dans laquelle on investit. Car plus on est proche, plus l’investissement est transparent », poursuit-t-il. La nécessité d’obtenir une information claire avant de passer à l’acte s’explique par le sentiment d’insécurité associé par les Français à l’investissement dans une entreprise. Car si paradoxalement 25% des sondés estiment que ce placement est sûr, 56% avancent la peur de perdre leur argent comme premier frein à l’investissement. Le manque de liquidité (36%), leurs insuffisances personnelles quant à leur connaissance du domaine (32%) tout comme la mauvaise image qu’ils ont de la Bourse (27%) sont également les obstacles potentiels les plus fréquemment cités pour expliquer le fossé entre le grand public et le financement de l’économie réelle. Dans le même temps, ils ne sont que 9% à considérer l’investissement en entreprise comme rentable. Pour des investisseurs en quête du meilleur couple rendement/risque, éviter ce type de placement semble donc « cohérent » selon Philippe Le Magueresse.

Autant de facteurs qui expliquent la faible appétence des Français pour les actions et autres titres d’entreprises, seulement 6% des sondés affirmant avoir pris part à une des nombreuses introductions en Bourse dans les 12 derniers mois. De la même manière, seuls 4% des personnes interrogées ont souscrit un PEA PME, le nouveau plan d’épargne en actions dédié au financement des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) lancé en mars dernier. « Il n’y a pas beaucoup d’informations sur les PME », analyse à ce titre Marie-Pierre Lartigue, directrice marketing d’Infopro, organisateur du salon Actionaria. « Le consommateur refuse de ne pas être pris en considération », renchérit Philippe Le Magueresse. Rendement, risque, utilité… pour attirer l’épargne des Français, les entreprises, notamment les PME, vont donc devoir les rassurer et faire davantage preuve de pédagogie.

* Les 21 et 22 novembre 2014,
 2, place de la Porte Maillot, 75017 Paris
10 euros le pass pour 2 jours ou gratuit en vous inscrivant sur le site d’Actionaria

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