PRE-IPO, le crowdfunding juste avant la cotation en Bourse


Le financement participatif en capital prend un tournant avec l'arrivée de la plateforme PRE-IPO, qui offre un horizon de sortie rapide en proposant d'investir dans des entreprises proches d'une introduction en Bourse. Le site est lancé par le groupe financier Invest Securities... spécialisé notamment dans la cotation de sociétés de croissance.  

Pre-ipo, pour investir juste avant l'introduction en Bourse

Petite révolution dans l’univers du financement participatif en capital. Jusqu’à présent, la plupart des plateformes de crowdfunding equity (en fonds propres, NDLR) proposaient aux particuliers des dossiers jeunes, souvent des start-up, et/ou de petite taille, avec des perspectives de désinvestissement par nature aléatoire. La plateforme PRE-IPO lancée mercredi 27 janvier 2016 présente à ce titre un nouveau paradigme.

Risque réduit et liquidité accrue

Elle donne aux particuliers l’opportunité de participer au dernier tour de financement privé d’entreprises de croissance quelques mois avant leur introduction en Bourse. PRE-IPO revendique un « horizon de sortie visible à court terme » et souhaite « démocratiser ce type d’investissement, jusqu’alors réservé à un public privilégié, offrant un retour rapide et un risque maitrisé ». Pour l’heure, seuls les investisseurs professionnels ont accès à ce type de dossiers.

Quel intérêt pour le souscripteur ? Il s’agit de minimiser le risque de perte et de raccourcir le cycle d’investissement. « Le taux de survie des entreprises financées est beaucoup plus élevé. Elles ont déjà fait la preuve de leur concept, de leur technologie mais ont parfois besoin de quelques mois pour démontrer leur capacité à vendre ou nouer des partenariats structurants, explique Jean-Emmanuel Vernay, fondateur de la plateforme. Elles ont une perspective de cotation en Bourse à brève échéance, ce qui est un gage de retour sur investissement plus sûr, plus rapide et plus élevé. » En effet, la plateforme permet d’investir avec une décote par rapport au prix d’introduction en Bourse, l’opération devant se dérouler sous 6 à 18 mois selon les dossiers. Le prix d’entrée est ainsi minoré de 15 à 25% par rapport à la valorisation au moment de la cotation.

Investissement minimum de 2.500 euros

L’investissement s’effectuera sous la forme d’actions ou d’obligations, avec un ticket d’entrée de 2.500 euros. Les particuliers pourront investir dans les mêmes conditions que des investisseurs professionnels (fonds, family offices) et que des business angels dans le cadre de tours de table pouvant atteindre 5 millions d’euros, là où la quasi-totalité des plateformes s’arrêtent à 1 million d’euros par projet. Les frais seront supportés par les sociétés financées, à raison de 5 à 8% en cas de succès de la levée de fonds, et par les investisseurs via la perception d’un pourcentage à la sortie (commission de performance de 20% de la plus-value ou commission de désinvestissement de 4% sur le montant de la cession).

Pour lancer une telle plateforme, il fallait avoir accès à des dossiers d’entreprises adéquats. Ce n’est donc pas un hasard si PRE-IPO est portée par Invest Securities, groupe financier indépendant dont le corporate finance (levées de fonds, fusions-acquisitions) est le cœur de métier et l’introduction en Bourse, l’une de ses spécialités. C’est d’ailleurs le statut de PSI (prestataire de services d’investissement) qui permet à la plateforme de proposer des tours de table de 5 millions d’euros.

Réaliser une première IPO en 2016

Jean-Emmanuel Vernay, directeur général d’Invest Securities, espère valider le concept de la plateforme sous douze mois, en réalisant dans l’intervalle une demi-douzaine d’opérations dont au moins une entrée en Bourse.

A son lancement, PRE-IPO propose d’investir en obligations dans boostHEAT, société basée à Nîmes et Toulouse qui conçoit des chaudières thermodynamiques de nouvelle génération, plus économes en énergie, pour l’habitat individuel, les logements collectifs et le tertiaire. La PME, qui souhaite collecter 5 millions d’euros, a récemment accueilli Anne Lauvergeon, ex-présidente d’Areva, à la présidence de son conseil d’administration.