PrediLife : la Bourse pour faire décoller les ventes de son test Mammorisk

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PrediLife veut lever entre 4,5 et 8,1 millions d'euros pour commercialiser en Europe et aux États-Unis Mammorisk, son test de prédiction du risque de cancer du sein, susceptible de révolutionner les programmes de dépistage en les individualisant. La start-up espère atteindre l'équilibre financier en 2021, sans attendre le remboursement des tests personnalisés par la Sécurité sociale.

predilife ipo

 

PrediLife : levée de fonds de 5,3 millions d'euros à l'occasion de l'IPO

PrediLife, société basée à Villejuif (94) et spécialisée dans la prédiction des risques de maladies graves, vise une introduction en Bourse sur le marché Euronext Growth Paris (ex-Alternext) le 18 décembre prochain. À cette occasion, la start-up entend lever entre 4,5 et 8,1 millions d'euros au travers d'une augmentation de capital, dont une partie doit servir au remboursement de dettes souscrites auprès d'actionnaires de la société, pour 1,6 million d'euros. Au total, les actionnaires actuels doivent apporter environ 3 millions d'euros à PrediLife dans le cadre de l'IPO (acronyme d'introduction en anglais), dont 1,3 à 1,5 million d'euros d'argent frais.

La fourchette de prix de souscription a été fixée de 8,76 à 11,84 euros, soit un prix médian de 10,30 euros. À ce niveau, et hors éventuelles rallonges qui seraient exercées en cas de forte demande, la société lèverait 5,3 millions d'euros (montant brut) et 4,4 millions d'euros nets de frais. Cette augmentation de capital serait la plus importante jamais réalisée par l'entreprise, qui a reçu 3 millions d'euros de financement en capital depuis sa création en 2004.

PrediLife, spécialiste de la médecine personnalisée prédictive

PrediLife est spécialisée dans le développement d'outils de prédiction de maladies permettant de les diagnostiquer plus tôt, en vue d'en améliorer leur prise en charge. Ils reposent sur l'association de techniques médicales éprouvées (séquençage génétique, imagerie médicale) et de modèles mathématiques « maison » (méthode des voisins, par comparaison d'un individu à d'autres cas présentant des caractéristiques similaires) exploitant de grandes bases de données statistiques en vue d'établir le profil de risque de survenance de maladies graves pour chaque patient.

Les tests prédictifs qu'elle développe intègrent donc de nombreux paramètres : analyses médicales, informations connues sur le patient (âge, poids, antécédents familiaux, nutrition, ethnie quand le pays le permet) et génétique. « Le recours à la génétique est plus ou moins efficace selon la pathologie, les tests ADN sont donc nécessaires, mais ne suffisent pas », souligne Stéphane Ragusa, fondateur, PDG et actionnaire majoritaire de la société.

Pour ce dernier, l'une des principales barrières à l'entrée sur son marché est l'accès à des bases de données, notamment depuis 2007 avec l'Inserm (organisme public de recherche français). Ce qui permet au dirigeant de revendiquer une longueur d'avance de plusieurs années sur la concurrence, y compris Google, qui a entrepris, via le projet Baseline mené en collaboration avec les prestigieuses universités de Duke et Stanford, de cartographier la santé humaine en suivant 10.000 patients pendant 4 ans, jusqu'en décembre 2023.

Mammorisk, un outil de prédiction du risque de cancer du sein

La première application de la technologie développée par PrediLife vise le cancer du sein, deuxième cause de mortalité dans le monde chez les femmes (plus de 620.000 décès par an) et le deuxième cancer le plus fréquent (2,1 millions de nouveaux cas par an, selon l'OMS). Son test de prédiction Mammorisk associe mesure de la densité mammaire, test génétique et analyse de statistiques de dépistage du cancer du sein (plus d'un million de femmes suivies aux États-Unis et plus de 300.000 en France). L'outil est commercialisé en pay per use (à l'usage), à raison de 200 euros par compte rendu de résultat, auprès de centres hospitaliers ou de radiologie en France et à l'international par une force de vente directe. En fonction du résultat du score, un parcours de dépistage personnalisé est alors proposé à la patiente.

Selon Stéphane Ragusa, la pertinence scientifique et clinique du test Mammorisk est, entre autres, attestée par le choix de cet outil pour mener le projet MyPeBS. Cette vaste étude clinique académique, menée dans 5 pays auprès de 85.000 femmes de 40 à 74 ans de 5 pays (France, Italie, Israël, Belgique, Royaume-Uni) et financée par l'Union européenne, vise à évaluer les bénéfices d'un dépistage personnalisé. Prévue jusqu'à fin 2025, MyPeBS a vocation à servir de base à la mise en place d'un dépistage individualisé à l'échelle européenne dès 40 ans. L'objectif est double : identifier les femmes à haut risque de façon plus précoce et apporter une réponse aux inconvénients actuels du dépistage du cancer (faux positifs sur les mammographies, impact des radiations d'une mammographie qui augmente elle-même le risque de cancer, risque de surdiagnostic correspondant au cancer dépisté qui ne serait jamais développé).

Actuellement, le dépistage gratuit du cancer du sein en France, à réaliser tous les 2 ans, ne vise que les femmes de plus de 50 ans. La réalisation d'un test de dépistage prédictif permet de mettre en place un programme de dépistage personnalisé, notamment une modulation de la fréquence des examens selon le risque propre à chaque femme.

Perspectives de développement ambitieuses

Déficitaire depuis sa création, PrediLife a commencé à commercialiser Mammorisk en 2017 et compte désormais une trentaine de centres utilisateurs. Selon la note d'analyse réalisée par Cleme Finance pour le compte de la banque d'affaires en charge de l'introduction en Bourse, PrediLife devrait réaliser un chiffre d'affaires de 28.000 euros en 2018 et de 752.000 euros en 2019. Le décollage du chiffre d'affaires est attendu en 2020, l'équilibre financier devant être atteint en 2021 avec un résultat d'exploitation de 0,3 million d'euros pour un chiffre d'affaires de 13,5 millions d'euros. Selon le management, les fonds levés lors de l'IPO devraient suffire pour réaliser ce plan de développement. Celui-ci se fonde d'abord sur une conquête des pays européens, Italie, Suisse, Royaume-Uni et Allemagne en tête et des Etats-Unis suivant un rythme plus lent.

Pour l'heure, la réalisation d'un test prédictif Mammorisk n'est pas remboursée par la Sécurité sociale aux patientes. Le remboursement en Europe ne devrait pas intervenir au mieux avant 2026, à l'issue de l'essai clinique MyPeBS dont les résultats sont attendus fin 2025. En attendant la mise en place de politiques publiques, cible 10% des patientes, celles pouvant « s'offrir » le test. A l'horizon 2023, le business plan prévoit la réalisation de tests sur plus de 450.000 patientes.

Objectifs de l'introduction en Bourse

La levée de fonds a d'abord pour objectif de financer le déploiement commercial de PrediLife en Europe et aux États-Unis : 60% des fonds levés y seront consacrés, au travers du recrutement de commerciaux et d'accroissement des coûts marketing (participation à des conférences, etc.). 20% seront alloués aux dépenses courantes et au remboursement de prêts consentis par Bpifrance, le solde devant être affecté à la poursuite des programmes de recherche vers d'autres pathologies en cancérologie (poumon, colon, prostate), mais aussi dans les domaines cardiovasculaire et du diabète.

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Prix et modalités de l'introduction en Bourse de PrediLife

Marché de cotation
Euronext Growth Paris

Codes de l'action
Mnémonique : ALPRE
Code ISIN : FR0010169920

Prix / fourchette d'introduction
Prix médian de 10,30 euros pour une fourchette indicative de 8,76 à 11,84 euros par action

Nature de l'opération
Augmentation de capital

Nombre de titres émis
514.564 actions nouvelles (taille initiale hors rallonges)

Eligibilité des titres
PEA, PEA PME

Calendrier de l'IPO

4 décembre 2018
Visa de l'AMF sur le Prospectus

5 décembre 2018
Ouverture de l'offre

17 décembre 2018
Clôture de l'offre pour les particuliers : 18 heures (heure de Paris) pour les souscriptions aux guichets et 20 heures (heure de Paris) pour celles par Internet

18 décembre 2018
Publication du résultat, fixation du Prix de l'Offre, 1ère cotation

20 décembre 2018
Règlement-livraison des titres

21 décembre 2018
Début des négociations des actions de la Société sur le marché Euronext réglementé

16 janvier 2019
Date limite d'exercice de l'option de surallocation

 

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