Prix de l’or : « le métal jaune pourrait dépasser les 2.000 dollars l’once »


Tant que les taux d'intérêts resteront bas, les prix de l'or augmenteront estime Alain Corbani, directeur général de Commodities Asset Management.

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Alain Corbani, directeur général de Commodities Asset Management

Le prix de l’or a fortement ces dernières années. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Le déclic de ses dernières années s’est produit lorsque l’or à franchi pour la première fois la barre des 1.000 dollars par once [en mars 2008, ndlr]. Cela a permis au secteur minier de démontrer sa capacité à dégager des bénéfices. Le point mort des mines a été atteint à 1.000 dollars l’once. Aujourd’hui, elles n’ont jamais été aussi rentables. Mais il ne faut pas oublier que le prix de l’or n’a cessé d’augmenter depuis dix ans. En 2000, le métal jaune avait touché un point bas à 250 dollars l’once, après plusieurs années de désinvestissements massifs. Il s’agissait d’une anomalie, en dessous du prix moyen historique de 350 dollars. L’or devait alors forcément rebondir. Durant cette période, il s’est apprécié au même titre que les autres matières premières.

 
 
Et à l’avenir, cette hausse va-t-elle se poursuivre ?
L’or a encore de beaux jours devant lui, tant que les taux d’intérêt réels resteront faibles : les actifs papiers ne rapportent plus rien, l’or retrouve de l’intérêt pour les investisseurs. Certes, il ne dégage pas de rendement, mais lorsque les actifs financiers baissent, les actifs réels progressent. La dette publique sera la problématique majeure de la décennie. Dans cette situation, il est très difficile d’envisager une hausse des taux d’intérêt, ce qui plaide en faveur de la hausse du prix de l’or.

Donc selon vous, il n’existe pas de bulle spéculative autour du métal jaune ?
Nous ne sommes pas en présence d’une bulle spéculative sur l’or. Si cela était le cas, des bulles se créeraient aussi sur les autres matières premières. Aujourd’hui, vu les fondamentaux économiques et la visibilité réduite des investisseurs, j’ai la forte conviction que l’or pourrait dépasser les 2.000 dollars l’once.

Certains experts parlent d’une demande en or tirée par la Chine. Partagez-vous ce sentiment ?
Les Chinois ne dévoilent leur stratégie qu’une fois tous les trois ans. Ils l’ont fait en 2009 en annonçant une augmentation de leurs positions. Il est fort probable qu’ils continuent d’accumuler des réserves d’or physique : leur réserve est faible en proportion des autres pays.

Donc la demande chinoise va faire augmenter les prix ?
Ils ne peuvent pas se permettre d’augmenter brutalement leur réserve car la taille du marché de l’or ne le permet pas. Ils sont obligés d’étaler leurs achats dans le temps. Nous n’assisterons donc pas à un choc brutal sur l’or, mais la demande chinoise soutiendra durablement le prix de l’or.

Quels conseils pouvez-vous donner à un particulier qui veut investir dans l’or ?
L’or reste un marché volatile, il peut y avoir des retournements. L’investissement dans les mines d’or peut donner des sueurs froides mais aussi des bonnes surprises. L’or physique apporte un peu plus de stabilité. Comme pour tout investissement, il faut répartir le risque en diversifiant ses achats d’or sous différentes formes.

 

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>> Commodities Asset Management gère Global Gold & Precious un fonds spécialisé dans l’or