« Profitez du déblocage du PEE pour privilégier le PEA ou l’assurance vie »


INTERVIEW - Les faibles possibilités de diversification offertes par les PEE doivent inciter les épargnants à profiter du déblocage exceptionnel de la participation et de l'intéressement, selon François Pasquier, consultant senior en gestion de Patrimoine du cabinet parisien Herez.

francois, pasquier, herez

Toutsurlesplacements.com : Salariés et cadres ont la possibilité, jusqu’au 31 décembre 2013, de demander le rachat de toute ou partie de leur épargne salariale en franchise d’impôt sur le revenu, dans la limite de 20.000 euros. A votre avis, faut-il saisir cette opportunité ?
François Pasquier : Oui, le déblocage exceptionnel de votre participation ou de votre intéressement doit être privilégié. Cela vous permettra de préserver d’autres enveloppes d’épargne plus intéressantes. Je pense en particulier au plan d’épargne en actions (PEA) et à l’assurance-vie qu’il serait dommage de casser alors que cette faculté de demander le remboursement de votre épargne salariale bloquée vous est offerte avec les mêmes avantages fiscaux qu’un cas de déblocage anticipé.

Pourtant, le traitement fiscal de l’épargne salariale est souvent présenté comme favorable. Cet avantage serait-il insuffisant ?
Le régime fiscal du plan d’épargne d’entreprise (PEE) et de ses déclinaisons (PEG et PEI) est intéressant : au terme de 5 ans d’immobilisation des fonds, vous n’êtes assujetti qu’aux prélèvements sociaux sur vos gains, soit 15,5%. A ce titre, le PEE peut être comparé au PEA. Mais en dehors de cette fiscalité avantageuse, on peut regretter un choix de supports relativement restreint qui ne donne pas la souplesse de gestion que vous seriez en droit d’attendre.

C’est-à-dire ?
Généralement, l’offre financière d’un PEE oscille entre 3 à 10 FCPE (fonds communs de placement d’entreprise, NDLR). Il s’agit la plupart du temps de produits standards très dépendants d’un seul gestionnaire de fonds, dont la stratégie laisse peu de liberté de manœuvre par rapport aux différents indices. Par défaut, l’épargne salariale est investie sur le profil le plus prudent de l’échelle de risque dont les performances sont assez décevantes. Il s’agit de placements obligataires à court terme, ou de placements monétaires, dont le rendement est proche de zéro. Si vous voulez appliquer un profil défensif à votre épargne, préférez l’assurance vie en euros dont le taux de rendement va tourner entre 2,50% et 3% avant prélèvements sociaux selon les contrats.

Pour quelle raison faudrait-il privilégier l’assurance vie ou le PEA ?
Ces enveloppes présentent des possibilités de diversification dont l’éventail est beaucoup plus large que celui d’un PEE : vous pouvez panacher vos investissements entre fonds croissance, fonds value (investi sur des valeurs sous-évaluées, NDLR), fonds thématiques et fonds axés sur une zone géographique. La place de Paris compte beaucoup de gérants talentueux, il serait dommage de passer à côté de ces expertises qu’un professionnel de la gestion de patrimoine peut assembler pour votre compte dans le cadre de mandats de gestion ou des mandats d’arbitrage.

PEA ou assurance vie, quelle enveloppe privilégier en priorité ?
Les deux ! Associer PEA et assurance vie n’est pas dénué d’intérêt : l’assurance vie, pour les caractéristiques rassurantes du fonds en euros (capital garanti par l’assureur, NDLR), la diversité des fonds en unités de compte et les dépôts non plafonnés ; le PEA qui offre une gestion plus dynamique sur les actions de sociétés françaises et européennes.