Quand les fonds d’investissement s’intéressent aux sociétés cotées


Malgré la hausse des taux d'intérêts en Europe et la récente crise financière, les conditions de crédit constitue un terreau fertile à l'activisme des fonds d'investissement spécialisés dans les rachats par endettement (LBO ou MBO).

Ces fonds de Private Equity, qui regorgent encore de liquidités, s’intéressent de près à la Bourse pour faire leurs emplettes. Ces opérations peuvent prendre la forme de prises de participations minoritaires. Ainsi, Fortis Private Equity France, entité hexagonale du groupe belge Fortis Banque, a pris en décembre 2006 6,95% des actions de Lafuma, spécialiste des produits de plein air. De même, Nem Partners, filiale de Natixis Private Equity, a réalisé, pour le compte de la société Nem Invest, l’acquisition de 100.000 actions du fabricant d’équipements de protection individuelle Delta Plus Group, soit un peu plus de 5% du capital. Toujours chez Natixis, Naxicap Partners a acquis une participation de 20,81% dans le capital du fabricant de panneaux décoratifs en bois Ober au printemps. Ces dernières semaines, c’est au tour du franco-américain Apax qui est devenu le premier actionnaire de la société de services GFI Informatique avec 15,12% des parts. Il s’agit généralement pour les entreprises concernées de disposer d’un actionnaire financier de référence aux côtés des dirigeants afin d’accompagner leur développement. Ces transactions de gré à gré permettent dans certains cas aux actionnaires historiques de se désengager partiellement sans vendre de titres directement sur le marché qui aurait pour effet d’affecter le cours de Bourse. C’est dans ce cadre que s’est déroulée la vente par Jacques Tricot, fondateur de la SSII nordiste Sylis, et sa société familiale Fimanor d’un premier bloc de 550.000 actions Sylis représentant 5,69% du capital à Capexitis, véhicule d’investissement d’Exitis, filiale de Crédit Agricole Private Equity. Capexitis bénéficie également d’une option d’achat consentie par Monsieur et Madame Tricot portant sur 550 000 actions Sylis supplémentaires. Dans l’hypothèse où Capexitis lèverait cette option, il détiendrait alors 1.100.000 actions sur les 9.661.067 actions composant le capital de Sylis, soit 11,38% des parts. Certains fonds vont jusqu’à prendre la contrôle de sociétés cotées pour les retirer de la Bourse. L’an passé, Axa Private Equity avait acquis auprès de MAAF Assurances le bloc de contrôle vote du fabricant d’équipements mobiles d’assistance aéroportuaire TLD Group avant de le retirer de la cote. Plus récemment, OFI Private Equity a pris la majorité d’IMV Technologies, fabricant de matériels et consommables pour l’insémination artificielle du bétail. Une offre publique d’achat simplifiée est en cours et doit s’achever le 7 septembre prochain. Altice, câblo-opérateur luxembourgeois détenu par le fonds anglo-saxon Cinven, actionnaire de Numericable, a annoncé un projet d’acquisition de 55% de l’opérateur télécom Completel valorisant le groupe 660 millions d’euros. Tous les dirigeants cèdent-ils pour autant aux sirènes des fonds d’investissements ? Une étude du cabinet d’audit et de conseil Grant Thornton, tend à démontrer le contraire. Alors que nombre d’entrepreneurs nés pendant les années du baby-boom sont susceptibles de céder leur entreprise, seulement 16% des dirigeants français pensent avoir recours au Private Equity – proportion baissant de 20% par rapport à 2003 – contre 27% pour les allemands. Près de la moitié des dirigeants français (49%) jugent la cession industrielle comme la meilleure solution contre 36% pour la moyenne européenne et 25 % pour la moyenne mondiale.