Ralentissement de la croissance en Chine : quel impact sur les marchés ?


AVIS D'EXPERT - La croissance en Chine a atteint 7,5% au deuxième trimestre 2013 après +7,7% au premier, loin des taux à deux chiffres affichés en moyenne depuis 20 ans. Pour Holger Fahrinkrug, chef économiste chez Meriten Investment Management, les investisseurs s'en accommodent et se tournent vers d'autres zones.

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Jusqu’à quel point peut-on se fier aux chiffres de la croissance économique chinoise ? Les données économiques concernant la Chine, plus que partout ailleurs, doivent être interprétées avec une grande prudence. Vu son ampleur, l’économie chinoise est un facteur essentiel dont il faut tenir compte dans l’analyse du cycle économique mondial. Celle-ci est cependant beaucoup plus complexe que la plupart des autres économies, tant des pays développés que des pays émergents, et c’est pourquoi les données ne sont pas toujours de bonne qualité.

 

Néanmoins, le marché accorde énormément d’attention aux chiffres de la croissance chinoise. Tout ceci s’explique d’abord par la faiblesse des économies touchées par la crise en Europe et, jusqu’à récemment, celle des États-Unis : de cette faiblesse est né l’espoir que les marchés émergents, notamment la Chine, pourraient compenser les effets de la crise. Les surprises et déconvenues récentes en matière de croissance ont été par conséquent surveillées de près par les marchés et ont, de manière générale, provoqué de vives réactions.

 

Pas de hard landing

Malgré les risques associés à « la bulle du crédit chinois », nous ne nous attendons ni à un hard landing (atterrissage brutal, NDLR) ni à aucun autre choc de croissance négatif. Nous nous attendons plutôt à un ralentissement structurel de la croissance en Chine à un niveau de 7% environ. Un ralentissement qui nous semble justifié pour apporter une plus grande stabilité financière au pays et qui est donc également souhaité par les décideurs politiques nationaux.

 

Il n’y pas si longtemps, une telle situation aurait suscité une certaine nervosité sur les places financières. Cependant, puisque l’économie américaine se remet progressivement et que les perspectives de l’Europe deviennent plus prometteuses aux yeux des marchés financiers, nous estimons que les perspectives de ralentissement de la croissance en Chine auront un impact limité aux yeux des investisseurs. Nous pensons par ailleurs que les regards des marchés se porteront de plus en plus vers d’autres régions susceptibles de montrer des signes d’amélioration conjoncturelle comme l’Europe ou les Etats-Unis et donc de soutenir davantage les marchés d’actifs à risque tels que les actions.

 

Holger Fahrinkrug est chef économiste chez Meriten Investment Management, une filiale de gestion allemande de BNY Mellon. Avant de rejoindre Meriten, il était chef économiste et directeur de la recherche chez Portigon/WestLB, en charge des activités de recherche sur l’ensemble des classes d’actifs et des régions.
Holger Fahrinkrug a également travaillé au sein du bureau allemand d’UBS entre 1993 et 2006 comme économiste senior et membre de l’équipe économique pour l’Europe.
Cette chronique a été rédigée par un auteur indépendant de la rédaction de Toutsurlesplacements.com