Raymond James MicroCaps : « Complémentaire d’un fonds PEA PME offensif »


INTERVIEW - Fonds small caps éligible au PEA PME, Raymond James MicroCaps se distingue par une stratégie défensive dans des petites valeurs aux fondamentaux sains, détenues par leur patron. Une approche qui a fait ses preuves en bas de cycle, comme l'explique son gérant Louis de Fels.

Raymond James, un fonds small caps défensif

 

Toutsurmesfinances.com : Raymond James MicroCaps est un fonds actions de petites capitalisations éligible au PEA PME. En quoi votre OPCVM est-il différent des autres produits du marché ?
Louis de Fels : Raymond James MicroCaps est l’un des rares fonds qui n’a pas été créé spécialement pour le PEA PME. Il existe depuis fin 2007. Sa stratégie d’investissement sur les petites sociétés européennes de moins de 300 millions d’euros de capitalisation boursière l’a rendu de facto éligible. Notre fonds ne compte d’ailleurs que trois valeurs en portefeuille concernées par les restrictions sur les titres éligibles prévues par le décret d’application.

« 2/3 de valeurs appelées à se revaloriser doucement mais sûrement »

Comment le fonds est-il géré ?
L’analyse macroéconomique mondiale à horizon 3-6 mois fait partie intégrante de notre approche. Elle détermine des thèmes d’investissement structurels et plus conjoncturels au niveau de la société de gestion, au travers d’un comité d’orientation thématique. Ces thèmes sont ensuite déclinés dans chacun des fonds, dont le FCP Raymond James MicroCaps. D’un point de vue structurel, la philosophie de la maison se caractérise par la recherche de sociétés positionnées sur des niches de marché, dont le management est aux commandes depuis la création et encore actionnaire majoritaire ou de référence. Le fait que le patrimoine du dirigeant soit engagé est un gage de sérieux et d’un alignement d’intérêts entre l’actionnaire majoritaire et l’actionnaire minoritaire.

Quel est le profil financier des petites et moyennes valeurs dans lesquelles le fonds est investi ?
J’attache une importance particulière à la récurrence de la génération de cash, y compris en période de bas de cycle, de même qu’au niveau de trésorerie nette de dettes au bilan. Une entreprise comme l’éditeur de logiciels pour pharmacies Pharmagest est un parfait exemple de la philosophie du fonds : un business model récurrent, une croissance de l’activité même au creux de la vague en 2009, une position de cash net qui représente un cinquième de la capitalisation, et des petites acquisitions qui viennent conforter les positions de la société sur des marchés de niche connexes au cœur de métier.

Votre fonds semble assez défensif. N’est-ce pas paradoxal pour un fonds small caps ?
Ce positionnement est parfaitement assumé. L’objectif du fonds est de délivrer une performance annualisée de 7% en prenant le moins de risque possible. Si vous voulez faire un coup sur le PEA PME, Raymond James MicroCaps n’est pas fait pour vous : notre fonds s’inscrit dans la durée et les sociétés biotech n’entrent pas dans notre périmètre d’intervention. Il est en revanche très complémentaire d’un fonds offensif. Le portefeuille se compose pour deux tiers de valeurs appelées à se revaloriser doucement mais sûrement. Les performances sont généralement en retard quand les marchés sont orientés à la hausse mais en cas de baisse, la valeur liquidative se tient. Ce fut le cas en 2011, avec une valeur de la part en baisse de 6,8% pour un Cac Small 90 en baisse de 20%. Cette approche est complétée par des thèmes plus conjoncturels pour profiter quelque peu du momentum.

C’est-à-dire ?
10 à 15% de l’actif du fonds se compose d’investissements plus tactiques. Depuis l’été 2012, l’event driven est l’un des principaux prismes de recherche pour des nouveaux investissements. L’idée est de prendre une position lors d’une rupture dans la vie d’une société susceptible de redynamiser le dossier, comme la nomination d’un nouveau patron ou la réalisation d’une grosse opération de croissance externe. Ce thème nous a par exemple réussi sur Interparfums, après la sortie de la licence Burberry.

« Repositionner le fonds en Europe »

Quel est le thème d’investissement du moment ?
Depuis septembre 2013, le fonds se positionne de façon opportuniste sur un thème cyclique, pour la première fois depuis sa création en 2007. Nous visons ce que j’appelle des « desperate cyclical ». Il s’agit de sociétés très implantées sur leur marché domestique, complétement délaissées par les investisseurs mais dont les fondamentaux sont sains et le dirigeant de qualité. C’est ainsi que nous venons de prendre nos bénéfices sur Jacquet Metals Services, distributeur d’aciers spéciaux lié à la réindustrialisation en Europe. Je pense aussi au distributeur de fournitures de bureau Manutan.

Le PEA PME suscite un engouement des investisseurs alors que les petites et moyennes valeurs ne sont pas l’actif le plus liquide qui soit. Comment cette problématique est-elle appréhendée ?
Le portefeuille est réparti sur 40 à 50 lignes. Eviter une trop forte concentration sur un nombre réduit de valeurs permet de gérer la contrainte de liquidité propre aux small caps. A 60 millions d’euros, le fonds sera fermé. L’actif au 31 mars 2013 est de 44 millions d’euros. L’autre enjeu consiste à repositionner le fonds en Europe petit à petit au détriment des valeurs françaises qui viennent d’effectuer un fort rallye boursier (revalorisation, NDLR). Je m’y emploie depuis fin 2010 lorsque j’ai repris la gestion du fonds en main. Le fonds comprend des valeurs cotées en Allemagne, en Autriche, en Belgique et en Italie. La France représente moins de 50% de la taille du fonds. Cette tactique vise à se prémunir d’un éventuel courant vendeur sur les valeurs françaises, lorsque les flux issu du PEA PME commenceront à se tarir. Dans tous les cas, notre fonds se classe toujours parmi les meilleurs de sa catégorie en période de forte volatilité.

 

Principales caractéristiques du fonds Raymond James MicroCaps

Forme juridique : FCP
Code ISIN : Part A FR0010544791 ; Part I FR 0011672757
Date de création : Part A 17 décembre 2007 ; part I 31 décembre 2013
Zone géographique : Espace économique européen (EEE)
Performances
– 2013 : +26,2% (1 an)
– 2014 (au 13 mars) : +11,75% (3 mois)
Notation Morningstar : 4 étoiles

Sources : société, Morningstar