Regain d’intérêt pour les livrets imposables au 1er trimestre 2014

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Les Français ont déposé près de 6 milliards d'euros sur leurs livrets bancaires en début d'année 2014, bien plus que le Livret A et le LDD réunis, après avoir massivement retiré leurs avoirs de ces produits en 2013. Le signe, pour les spécialistes, d'un moral des ménages en berne.

Livrets d'épargne : même imposables, ils attirent

 

Les livrets bancaires, grands gagnants de l'épargne des ménages au début de l'année. Le montant des dépôts sur ces produits fiscalisés, nets de retraits, a atteint 5,974 milliards d'euros du 1er janvier au 31 mars 2014, selon les statistiques de la Banque de France. Un total plus de cinq fois supérieur au flux d'épargne observé au premier trimestre 2013, qui avait péniblement dépassé le milliard d'euros. Ce chiffre est surtout près de deux fois supérieur aux sommes d'argent déposées de janvier à mars sur les Livrets A et Livrets de développement durable (LDD), dont les intérêts sont pourtant non imposables. En trois mois, les comptes sur livret (CSL) des banques ont gommé le passage à vide de 2013, année durant laquelle les retraits ont culminé à 5,84 milliards d'euros.

Pas d'offres promotionnelles agressives

Comment expliquer ce spectaculaire changement de comportement des épargnants en faveur des CSL ? Rien à signaler du côté des taux de rendement, au plus bas tant du côté de l'épargne défiscalisée que de celui de l'épargne soumise à l'impôt. Serge Maître, secrétaire général de l'association française des usagers des banques (Afub), n'a pas non plus observé d'agressivité particulière dans la politique commerciale des établissements financiers. « Il y a des taux promotionnels et des primes versées pour conquérir de nouveaux clients, mais ni plus, ni moins que d'habitude », constate-t-il.

L'explication tiendrait davantage à la situation d'épargnants arrivés au plafond de leur Livret A et/ou de leur LDD, après les relèvements des limites de versement à 22.950 et 12.000 euros décidés au début du quinquennat de François Hollande. « De nombreux Français ont sans doute déjà fait le plein sur leurs produits d'épargne réglementée et défiscalisée, voire sur leur épargne-logement comme le PEL dont la rémunération brute de 2,5% est attractive », explique Serge Maître.

Epargne de précaution

Au lieu de laisser leurs liquidités dormir sur leur compte courant non rémunéré, les clients des banques ont opté pour des dépôts sur des produits de court terme, faiblement rémunérateurs et imposables mais surtout « disponibles à tout moment ». Pour le porte-parole de l'Afub, ce choix par défaut illustre la faiblesse du moral des ménages. Il y voit un « signe de la perte de confiance en l'avenir ». Un avis que partage l'économiste Philippe Crevel. « Le climat actuel est anxiogène. Les clients n'ont pas envie de s'engager sur le long terme, la crainte du chômage dirige les épargnants vers l'épargne de court terme », estime-t-il.

Sur la période, l'assurance vie n'a pas bénéficié de transferts d'épargne massifs. Ce produit d'épargne, avantageux sur le plan fiscal au-delà de 8 ans, a collecté à peu près autant que les livrets imposables au premier trimestre 2014 : 6,1 milliards d'euros de cotisations, déduction faite des sorties selon les statistiques de la FFSA (Fédération française des sociétés d'assurances). Un niveau sensiblement voisin de celui enregistré au début de l'année 2013 mais loin des scores enregistrés avant la crise des dettes souveraines de 2011.

 

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