SCPI de rendement : 4,60% attendus en 2016


La performance des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) de rendement devrait reculer à 4,60% en 2016, contre 4,85% en 2015. Une baisse qui doit inciter les épargnants à davantage de sélectivité, d'autant que l'afflux de collecte est de nature à peser sur les dividendes.

La pierre papier continue de rapporter aux épargnants. En 2016, les SCPI de rendement devraient servir 4,60% en moyenne à leurs souscripteurs avant impôts et prélèvements sociaux selon les projections du site MeilleureSCPI.com. Une prévision appuyée par les chiffres du premier trimestre présentés mardi 31 mai 2016 : le taux de distribution sur valeur de marché (TDVM), indicateur de la performance des sociétés civiles de placement immobilier de rendement, s’est ainsi fixé à 4,62% sur les trois premiers mois de l’année. Dans le détail, les SCPI spécialisées (dans la santé essentiellement) se distinguent (4,90%), devant les véhicules dédiés aux commerces (4,67%) et aux bureaux (4,61%). Les SCPI diversifiées affichent pour leur part un TDVM de 4,60%.

Diminution du rendement, hausse de l’épargne collectée

Si elle dame aisément le pion à l’assurance vie en euros, la pierre papier n’échappe pas pour autant à la baisse généralisée de la rémunération de l’épargne. Le TDVM moyen chuterait ainsi de 0,25 point par rapport à 2015 (4,85%) si la prévision du portail spécialisé devait se vérifier. Un recul qui s’explique notamment par les nombreuses revalorisations des prix des parts. La valeur de marché des biens immobiliers augmente, et la valeur des parts suit, ce qui n’est pas forcément le cas des revenus distribués aux associés, d’où une diminution du taux. La rentabilité des investissements immobiliers des SCPI joue également : « Leurs rendements (5,67% au premier trimestre) reculent par rapport à l’année dernière, analyse le fondateur de MeilleureSCPI.com Jonathan Dhiver. Mécaniquement, le rendement servi par les SCPI diminue. »

Malgré cette tendance à la baisse, observée depuis quatre ans, les épargnants continuent à se tourner vers les SCPI pour placer leurs économies. Pour le quatrième trimestre consécutif, les sociétés de gestion ont collecté plus d’un milliard d’euros sur les trois premiers mois de 2016 (1,03 milliard). « Cela peut donner le vertige mais c’est la réalité du marché », appuie Jonathan Dhiver.

Diversification en Europe

Cet afflux massif de liquidités doit inciter les épargnants à se montrer sélectifs. Pour le fondateur de MeilleureSCPI.com, « vu qu’il y a beaucoup d’argent disponible, il faut s’assurer que les gérants investissent régulièrement. Certains ont mis en place des mesures de prudence, en augmentant les délais de jouissance des parts* ou en réduisant le niveau de collecte voire en la stoppant temporairement, le temps d’investir. » Dans cette optique, cibler des sociétés de gestion indépendantes (Voisin, Foncières et Territoires par exemple) plutôt que les cadors du marché peut s’avérer payant. Outre la réactivité des plus petits acteurs, le plus souvent supérieure à celle des grosses structures, « un gérant qui collecte de manière modérée, en bon père de famille, assoit une performance de long terme pour l’épargne », avance Jonathan Dhiver.

Le spécialiste invite également à regarder du côté des sociétés qui investissent en dehors des frontières françaises, comme les SCPI Corum Convictions, LFP Europimmo ou encore Actipierre Europe. « Le fait d’avoir un terrain de chasse plus important, à condition d’être bien accompagné par des partenaires locaux, permet d’absorber la collecte et de diversifier encore un peu sans être davantage exposé sur la France. » Ce mouvement européen prend d’ailleurs de l’ampleur : au premier trimestre 2016, 25% des acquisitions des SCPI ont été réalisées en Europe (Allemagne, Pays-Bas, Italie…). Une tendance qui devrait se poursuivre dans les mois et années à venir, d’autant plus si le rendement et les épargnants sont au rendez-vous.

*Délai entre la date de souscription et la date de référence retenue pour le versement des premiers dividendes