Taux de rendement de l’assurance vie : les banques loin derrière Internet et les CGPI

Par Olivier Brunet
SEO & traffic strategist : Camille Radicchi

Les taux de rendement de l’assurance vie en euros ont atteint 2,5% en 2014. Une moyenne qui masque d’importantes disparités d’un réseau de distribution à l’autre. Sur huit ans, les contrats vendus sur Internet et par les conseillers en gestion de patrimoine indépendants sont les plus rémunérateurs, ceux des banques en queue de peloton.  

L'assurance vie plus rentable sur Internet que dans les banques

Si, comme la majorité des Français, c’est lors d’un rendez-vous en agence avec votre banquier que vous avez souscrit votre assurance vie, vous risquez de vous en mordre les doigts. La raison : ce sont les contrats des bancassureurs (banques disposant de filiales dans l’assurance vie, comme Predica au Crédit Agricole et au LCL, Sogécap à la Société Générale, etc.) qui affichent les pires rendements servis aux épargnants selon les données compilées par le cabinet de conseil Facts & Figures.

En 2014, les contrats bancaires (contrats monosupports en euros et fonds euros des contrats multisupports) ont rapporté 2,3% en moyenne net de frais de gestion et avant prélèvements sociaux contre 2,5% pour l’ensemble du marché. Plus calamiteux encore, le rendement moyen 2014 de 2,15% versé sur les contrats standard distribués par les banques, alors qu’elles offrent une rémunération de 2,73% pour leur clientèle la plus haut de gamme.

Les taux inférieurs à 2% de plus en plus courants

Exceptionnels il y a encore deux ou trois ans, les contrats rémunérés 2% ou moins ne sont plus rares : on en trouve au Crédit Agricole, à la Caisse d’Epargne ou à la Banque Postale, essentiellement sur de vieux contrats monosupports, investis à 100% sur des fonds euros à capital garanti. Pire, en huit ans, les contrats des bancassureurs ont systématiquement affiché des taux de rendement moyens plus bas que ceux des autres réseaux de distribution. Ainsi, les banques ont affiché un rendement moyen de 3,1% sur la période 2007-2014 contre 3,5% chez les mutuelles et les points de vente des assureurs (agents généraux, réseaux salariés). Ce sont les contrats vendus en ligne ou via des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) qui affichent les meilleures performances : 3,6% en moyenne sur huit ans.

« Selon le réseau de distribution, les taux servis ne sont pas les mêmes », atteste Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures. Pour la seule année 2014, ce sont agents généraux d’assurances et les réseaux salariés des compagnies qui ont pris la première place (2,84%) du podium devant les contrats Internet et les CGPI (2,80%) et les mutuelles (2,63%).

Moins de fonds euros = plus de rendement sur le fonds euros

Au bout du compte, cet écart de rendement finit par peser lourd. Pour 10.000 euros investis au 1er janvier 2007 sur le fonds en euros d’un contrat standard d’une banque, un épargnant se retrouverait à la tête de 12.750 euros au 1er janvier 2015 avec un contrat bancaire… soit 394 euros de moins que s’il avait souscrit un contrat en ligne (13.144 euros). Et encore, cette différence ne tient même pas compte des frais sur versements, absents sur Internet mais atteignant jusqu’à 5% chez certaines banques…

Comment expliquer de tels écarts ? La principale cause est liée à la capacité des commercialisateurs à vendre des fonds unités de compte (fonds structurés, FCP, Sicav, fonds immobiliers, etc.), plus risqués pour les épargnants mais plus rentables pour les assureurs que les fonds en euros, où les compagnies doivent assumer la garantie du capital à tout moment. « Le fait d’avoir une bonne dynamique sur les unités de compte permet [aux assureurs-vie] de servir des taux moyens meilleurs sur les fonds en euros », confirme Cyrille Chartier-Kastler. Autrement dit, plus vous et la collectivité des assurés investissez sur des supports financiers ou immobiliers sans garantie du capital, plus l’assureur sera en mesure de vous attribuer un bon taux sur le fonds en euros.

A lire aussi sur les taux de rendement des fonds euros
Assurance vie : le gouvernement pousse les taux des contrats euros à la baisse
Assurance vie : prendre des risques vaut-il vraiment le coup ?

ARTICLES CONNEXES
Menu