Travail temporaire : coup de froid pour le secteur ?


Le marché français de l'intérim donne des signes de ralentissement après plusieurs mois très dynamiques depuis la mi-2006.

Selon le Prisme, syndicat professionnel du secteur, le nombre d’intérimaires en mission a stagné en août par rapport à août 2006 et il affiche une modeste hausse de 0,4% en septembre. Manpower, numéro 2 de l’intérim en France, annonce une fourchette de croissance de 4 à 6% sur le dernier trimestre après la hausse de 9,3% enregistrée par le groupe américain dans l’Hexagone au premier semestre. Ce tassement corrélé au ralentissement de la croissance économique en France n’est pas la seule mauvaise nouvelle pour le secteur.

Allègements de charges annulés

En effet, le Parlement français a voté cet été un amendement à la loi de financement de la sécurité sociale qui annule les modifications entrées en vigueur en avril dernier. Le mode de calcul des allégements de charges sociales pour les intérimaires est à nouveau modifié depuis le 1er octobre, permettant une économie annuelle de 500 millions d’euros pour la Sécurité sociale. Sur le plan boursier, les groupes de travail temporaire cotés ont été diversement touchés. Groupe Crit, n°4 du secteur en France a été le plus affecté avec une chute de 34% de son cours de Bourse depuis le plus haut atteint en juillet. Si ses performances ont été de bonne facture en France, ses résultats ont été perturbés par une réorganisation plus longue que prévu en Espagne. Synergie a quant à lui vu sa valeur boursière fondre de 23% depuis le pic également atteint en juillet. Le numéro 5 français a été moins touché que son homologue grâce à sa présence accrue à l’international : ses filiales dans plusieurs pays ont atteint une taille permettant de dégager des niveaux de profitabilité supérieurs à la moyenne du groupe. Outre la Belgique qui faisait déjà partie de cette catégorie, l’Italie, l’Espagne et le Royaume‐Uni entrent désormais dans ce cas de figure.

Le petit dernier s’en sort mieux

Enfin, DLSI, dernier entrant en Bourse après son admission sur Alternext en décembre 2006, a limité la casse avec une baisse de 11% du cours de Bourse depuis le plus haut touché en juin dernier. Les trois acquisitions annoncées en juillet dernier procurent en effet à la société un surcroît de croissance pour le second semestre 2007 et pour 2008. En septembre dernier, DLSI a en conséquence revu ses prévisions initiales et affiche désormais un objectif de chiffre d’affaires 2007 d’environ 123 millions d’euros (+28,4%) pour un résultat net de l’ordre de 3,2 millions d’euros, contre 2,6 millions d’euros précédemment.