Accord Agirc-Arrco : les cadres invités à mettre au pot


L'accord sur les retraites complémentaires instaure une extension de l'assiette de cotisation pour les cadres ainsi que le maintien de la contribution exceptionnelle de solidarité. En outre, les cols blancs vont subir, comme les non cadres, une hausse de la valeur du point.    

La CET est maintenue en 2016, 2017 et 2018

Les cadres vont devoir mettre la main au portefeuille. L’accord sur les retraites complémentaires du privé, validé le 30 octobre 2015 par le patronat et une partie des syndicats (dont la CFE-CGC), n’est pas tendre avec les cols blancs. Les 4 millions de cotisants à l’Agirc, le régime complémentaire réservé au personnel de l’encadrement, sont en effet largement sollicités par ce document qui prévoit 6,1 milliards d’euros d’économies d’ici 2020.

A compter du 1er janvier 2016, la cotisation AGFF va être étendue à la tranche C de l’Agirc. Cette cotisation permet de financer l’Association de gestion du fonds de financement de l’Agirc et de l’Arrco (AGFF) qui, elle-même, permet de couvrir le surcoût de la retraite à taux plein. L’âge de départ dans les régimes complémentaires est fixé, en fonction de la date de naissance de l’assuré, entre 65 et 67 ans. Toutefois, ceux qui disposent de tous leurs trimestres au régime de base et qui ont atteint l’âge légal (entre 60 et 62 ans) peuvent liquider leurs droits à l’Agirc-Arrco sans minoration.

La CET prolongée

L’AGFF a été créée pour financer les pensions complémentaires servies entre 60 et 65 ans ou entre 62 et 67 ans. En contrepartie, une cotisation de 2% est prélevée sur la tranche 1 de l’Arrco (les salaires compris entre 0 et 3.170 euros par mois en 2015) et une cotisation de 2,20% sur la tranche B de l’Agirc (entre 3.170 et 12.680 euros par mois en 2015). La cotisation de 2,20% va être prolongée à la tranche C (entre 12.680 et 25.360 euros par mois en 2015) de l’Agirc.

Par ailleurs, la contribution exceptionnelle et temporaire (CET), qui devait normalement prendre fin au 31 décembre 2015, est reconduite pour les années 2016, 2017 et 2018. Or, cette contribution de 0,35%, qui porte sur l’ensemble de la rémunération jusqu’à 25.360 euros par mois, est spécifique à l’Agirc. Pire : la CET, qui sert au financement des pensions complémentaires, ne génère pas de droits. Les cadres cotisent « à fonds perdus ».

Baisse de la rentabilité des cotisations

Ces mesures viennent s’ajouter à celles également instaurées pour les non cadres. Entre 2016 et 2018, la valeur d’achat du point Arrco et Agirc va augmenter, faisant passer le rendement des cotisations de 6,56% à 6%. Pour 1.000 euros cotisés, les cadres et non cadres vont percevoir 60 euros de rente au lieu de 65,60 euros.

En outre, le taux d’appel va être porté en 2019 de 125% à 127%. Aujourd’hui, lorsqu’un salarié cotise 1.250 euros à l’Arrco et, s’il possède le statut cadre, à l’Agirc, seuls 1.000 euros sont pris en compte. Dans quatre ans, il faudra 1.270 euros pour 1.000 euros comptabilisés. Soit 20 euros de plus versés… pour rien.