AER : vers un décret élargi ?


Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a promis la création d'une prestation destinée à compenser la suppression de l'allocation équivalent retraite. Une association milite pour que les critères de la future aide soient étendus.

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Le futur décret instaurant une prestation sociale similaire à l’allocation équivalent retraite (AER), promis par le Premier ministre, pourrait être un peu plus ambitieux que prévu. C’est du moins l’espoir de Défense AER, une association regroupant 300 membres qui a été la première à dénoncer les conséquences quelque fois dramatiques de la suppression de l’AER.
Pour rappel, cette allocation était destinée aux chômeurs qui avaient cotisé assez de trimestres pour bénéficier du taux plein mais qui n’avaient pas encore l’âge requis pour partir à la retraite. Elle est remplacée, depuis le 1er janvier 2011, par l’allocation transitoire de solidarité (ATS) qui, compte tenu des conditions drastiques pour en bénéficier, est versée à seulement « quelque centaine de personnes », selon Jean-Marc Ayrault.

Aller plus loin

Les infortunés restants – « plus d’une dizaine de milliers de personnes » d’après le chef du gouvernement – arrivent en fin de droit et doivent se contenter des minimas sociaux (RSA, ASS). Face à cette « urgence sociale », Jean-Marc Ayrault a décidé d’instaurer une prestation sociale équivalente au montant de l’AER (1.030 euros par mois) dont le décret d’application est attendu le 1er mars 2013.
Si Défense AER se réjouit bien entendu de l’initiative du Premier ministre, l’association estime que le texte prévu ne va pas assez loin. Elle l’a dit, lors d’une réunion organisée le 31 janvier, à Martial Bourquin, le sénateur (PS) du Doubs, département où est implanté le siège de l’association. A charge au parlementaire, très impliqué dans le dossier, de faire transmettre les propositions de Défense AER à Matignon.

Trimestres validés

L’association souhaite que le décret s’applique aux chômeurs nés non seulement en 1952 et en 1953 comme prévu, mais aussi en 1954. « Ceux de la génération 1952 sont presque tous partis à la retraite. Profitons-en pour intégrer des demandeurs d’emploi de 1954 qui se retrouvent à leur tour en fin de droit alors qu’ils ont cotisé suffisamment à la retraite », estime Chantal Pacek, secrétaire trésorière de Défense AER.
Autre combat de l’association : les cotisations prises en compte doivent intégrer les trimestres cotisés et également les trimestres validés (obtenus au titre de la maternité, du service militaire ou… des périodes de chômage). Des revendications qui ne sont pas sûres d’aboutir. « Le sénateur a fait remonter ces informations à Matignon. Mais c’est le Premier ministre qui décide du contenu du décret », rappelle-t-on à la permanence parlementaire de Martial Bourquin.

 

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