Age de départ à la retraite : attention aux idées reçues


Le processus du départ à la retraite est méconnu de nombreux Français. Certains pensent à tort pouvoir partir de manière anticipée tandis que d'autres attendent trop longtemps pour liquider leurs droits. Le point sur les a priori à bannir avec les précisions de la Cnav.

Les Français et la retraite

 

A quel âge partir à la retraite ? Cette question agite de nombreux assurés en fin d’activité. Et ces futurs pensionnés peuvent se méprendre sur leur fenêtre de tir. Du 23 au 27 juin 2014, la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) tente d’apporter des réponses à cette interrogation cruciale et organise une semaine d’information intitulée « A quel âge vais-je partir à la retraite ? » (sur le site www.lassuranceretraite.fr). L’occasion de faire taire les préjugés qui circulent sur l’âge de liquidation de la retraite, avec Philippe Bainville, attaché de presse à la Cnav.

J’ai travaillé le nombre de trimestres requis. Je peux donc partir à la retraite quand je le souhaite.
NON. Avoir suffisamment cotisé ne confère pas automatiquement la possibilité de partir à la retraite à l’âge voulu. « Quelle que soit la durée de l’activité, à partir d’un trimestre on a droit à une retraite. Mais pour pouvoir prétendre à ce droit, il faut remplir une condition d’âge. C’est l’âge légal », rappelle Philippe Bainville. Sauf cas particulier (handicap, carrières longues ou pénibilité), il n’est donc pas possible de liquider ses droits à la retraite avant cet âge, fixé à 61 ans et 2 mois pour les personnes nées en 1953, 61 ans et 7 mois pour la génération 1954 et 62 ans à partir de 2017, soit pour les assurés nés en 1955 et plus tard.

Je bénéficie d’une retraite anticipée liée à la pénibilité de mon travail. Je peux partir avant 60 ans.
NON. Si vous remplissez les critères, notamment en justifiant d’un taux d’incapacité permanente de 20% (10% après aval d’une commission médicale), vous pouvez demander une retraite anticipée pour pénibilité, et ce sans décote. « Mais à partir de 60 ans », avertit Philippe Bainville. De même, l’allocation des travailleurs de l’amiante peut être remplacée par la retraite à taux plein à partir du moment où la personne a au moins 60 ans et justifie de tous ses trimestres.

Seules les carrières longues, avec des débuts d’activité très tôt dans la vie (avant 16 ans), ou les personnes handicapées qui respectent les conditions d’incapacité permanente ou ont la reconnaissance de travailleur handicapé et justifient d’une durée minimale d’assurance peuvent prétendre à partir avant 60 ans.

Je veux continuer à travailler après l’âge légal. Mon employeur peut me forcer à partir à la retraite.
NON. En aucune manière votre employeur n’a le pouvoir de vous demander de liquider vos droits à la retraite à l’âge légal. En revanche, « l’invalide qui ne travaille pas, le bénéficiaire de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ainsi que le chômeur qui a les trimestres de cotisation requis, doivent demander leur retraite dès qu’ils remplissent le critère de l’âge légal », précise Philippe Bainville. S’ils ne demandent pas leur retraite, les chômeurs âgés peuvent ainsi perdre leurs droits au chômage. Pour éviter cela, les caisses de retraite et Pôle Emploi échangent régulièrement sur la situation des assurés.

J’ai 70 ans. Mon employeur peut me demander de partir.
OUI. A partir de 65 ans (entre 65 et 67 ans selon l’année de naissance), l’employeur doit se rapprocher de son salarié pour le questionner sur son départ à la retraite. S’il le désire, l’assuré peut demander de partir ou de rester. L’employeur continue alors de se manifester tous les ans puis peut prononcer la mise à la retraite d’office à compter des 70 ans du salarié. « L’employeur rompt alors le contrat de travail pour mise à la retraite », explique Philippe Bainville. Mais rien n’oblige un patron à demander à son employé de liquider ses droits.

Je compte prendre ma retraite en 2014. J’ai intérêt à partir le plus tard possible dans l’année.
NON. Contrairement aux idées reçues, il n’est pas forcément judicieux d’attendre la fin de l’année pour liquider sa retraite. Car si les trimestres travaillés sont certes cotisés, les salaires de l’année de départ ne sont jamais retenus pour calculer la moyenne des 25 meilleures années sur laquelle se base le montant de la pension dans le privé. « Cela peut être intéressant de décaler son départ au 1er janvier pour augmenter sa retraite », conseille Philippe Bainville. Quoi qu’il en soit, il est toujours préférable de partir à la retraite le 1er jour d’un trimestre pour cotiser un trimestre supplémentaire et éventuellement générer de la surcote.

Mon conjoint est décédé. Je peux demander dès aujourd’hui une pension de réversion.
OUI ou NON. Si votre conjoint était fonctionnaire, vous pouvez demander la réversion sans condition d’âge ni de ressources. En revanche, les réversions du privé peuvent être demandées dès lors que le survivant atteint l’âge de 55 ans, ou, si le décès a eu lieu avant 2009, dès 51 ans.

Attention : « Certaines personnes pensent qu’elles ne peuvent demander la pension de réversion qu’à partir de l’âge légal de la retraite ou attendent le 62ème anniversaire de leur conjoint décédé », constate Philippe Bainville. Cette prestation n’est pas automatique. Il faut donc la demander et bien faire attention au critère d’âge car, comme la retraite personnelle, il n’y a pas d’effet rétroactif au moment de la demande.

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