Agirc-Arrco : accord en vue sur les retraites complémentaires


Le projet proposé par le Medef aux syndicats sur les régimes de retraite complémentaire pourrait déboucher sur un accord. Les cotisations payées par les salariés et les employeurs seraient augmentées et les pensions des retraités relevées à un niveau inférieur à l'inflation.

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Enfin, un accord entre partenaires sociaux pourrait naître de la réunion entre syndicats et patronat du mercredi 13 mars 2013. Au terme d’une septième séance de négociation sur l’avenir des régimes de retraite complémentaire Agirc (cadres) et Arrco (tous les salariés), les prémices d’un accord ont émergé au siège du Medef où se tenait cette réunion marathon, parfois qualifiée de « réunion de la dernière chance ».

Hausse des cotisations et désindexation des pensions

Condition sine qua non à la poursuite des discussions pour les syndicats présents, la hausse des cotisations a été acceptée par le Medef. Ces dernières pourraient ainsi augmenter de 0,1% au 1er janvier 2014 et dans une même proportion un an plus tard pour les deux régimes. Revers de la médaille, la revalorisation des points de retraite complémentaire, qui doit prendre effet le 1er avril 2013, sera inférieure à l’inflation. L’augmentation moyenne de la valeur du point des salariés atteindra ainsi 0,8%, soit une hausse moyenne de 1,17% sur un an tandis que celle impactant le point des cadres ne sera relevé que de 0,5% (+0,95%). Au total, ces mesures permettront d’économiser un peu plus de 3 milliards d’euros à horizon 2017, dont 2 milliards pour la seule « désindexation » des pensions de retraite.

Si selon l’avis même de Jean-François Pilliard (Medef), « tout ça n’appelle pas de la joie et du bonheur », il s’agissait avant tout de sauver les régimes de retraite complémentaire, dont les déficits auraient, sans accord, atteint 8,5 milliards d’euros en 2017.

Conscients de ces contraintes financières, certains syndicats essaient à l’issue de la réunion de faire contre mauvaise fortune bon cœur. « Nous avons des signes positifs », estime ainsi Philippe Pihet secrétaire confédéral de Force ouvrière (FO), tout en reconnaissant que « le principe d’une désindexation est difficile à accepter ». « La crise aidant, on est dans une situation extrêmement difficile », poursuit le dirigeant dont le syndicat rendra sa décision « dans les jours qui viennent ». Faisant également preuve de pragmatisme, son homologue de la CFDT Jean-Louis Malys estime le projet d’accord proposé par le Medef d’une « efficacité relative » mais avoue que tous « étaient conscients que cette négociation allait être excessivement difficile ». La CFDT rendra son avis le 21 mars. Même son de cloche chez Pascale Coton, de la CFTC, « pour qui l’essentiel est de protéger ceux qui ont une petite pension », faisant référence à une désindexation moindre des retraites pour les pensionnés de l’Arrco, c’est à dire les salariés. La confédération donnera sa réponse, vraisemblablement positive, le lundi 18 mars.

« On demande encore plus aux classes moyennes »

Alors qu’aucun représentant syndical n’a tenu à se prononcer sur l’éventualité d’un accord, repoussant aux prochains jours une communication sur le sujet, certains se sont montrés particulièrement dubitatifs et déçus par le projet né de cette ultime réunion. « Nous avons un avis plutôt négatif », n’a pas caché Eric Aubin, de la CGT, arguant que « le bât blesse avec la désindexation ». Danièle Karniewicz (CFE-CGC), se refusant à tout pronostic avant le futur vote de sa centrale le 25 mars, a peiné à citer des éléments positifs concernant l’accord examiné par les partenaires sociaux. La représentante des cadres et ancienne présidente de la Cnav n’a pas caché « être dans une configuration qu’elle craignait », relevant qu’ « on demande encore plus aux classes moyennes ».

Entre des hausses de cotisations insuffisantes pour remettre à flot les régimes de retraite complémentaire et la désindexation des pensions, le pouvoir d’achat des cotisants et des retraités sera donc raboté dans le cadre de cet accord. Si toutefois accord il doit y avoir. Pour qu’il soit validé, trois des cinq syndicats (CGT, FO, CFE-CGC, CFTC et CFDT) au moins doivent se prononcer en faveur de ce projet. Les difficultés de financement de l’Agirc et de l’Arrco devraient cependant pousser la CFTC, la CFDT ainsi que FO à accepter cet accord, qui permettrait de préserver ces régimes de retraite « une dizaine d’années » supplémentaires selon Jean-François Pilliard.

 

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