Agirc-Arrco : la CGT et FO contre les propositions du Medef


Le 5 mars 2015, les leaders des syndicats CGT et FO, Philippe Martinez et Jean-Claude Mailly, ont exprimé chacun de leur côté leur profond désaccord sur les solutions envisagées par le patronat pour restaurer les finances des retraites complémentaires.  

La CGT ne veut pas d'abattement sur les pensions complémentaires

 

*Sans surprise, la CGT et Force ouvrière (FO) rejettent les propositions du Medef pour résorber le déficit des régimes de retraite complémentaire. Le Figaro a révélé le 4 mars 2015 un document de travail dans lequel l’organisation patronale préconise d’instaurer à l’Arrco (le régime de tous les salariés) et à l’Agirc (le régime des seuls cadres) un abattement dégressif entre l’âge légal de départ à la retraite (62 ans) et l’âge de retraite à taux plein (67 ans).

« Le Medef a mis par écrit ce qu’il dit depuis quelques mois. On veut amputer la possibilité des salariés de partir à l’âge légal par le biais de l’amputation des pensions, obliger les gens à travailler plus longtemps », s’est insurgé le nouveau secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, lors d’une rencontre avec la presse organisée le 5 mars par l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).

 

Positions opposées

Les positions entre la centrale de Montreuil et le Medef sont diamétralement opposées. « Le patronat veut diminuer les dépenses, nous on veut augmenter les recettes », a résumé Philippe Martinez. La CGT propose notamment d’augmenter de 2,45% les cotisations Agirc pesant sur les cadres. Interrogé sur une fusion entre l’Agirc et l’Arrco également évoquée par le Medef, le leader cégétiste s’est là aussi prononcé contre. « Il faut garder une spécificité pour les cadres, l’Agirc étant l’une des spécificités », selon ses propos rapportés par l’AFP.

De son côté, Jean-Claude Mailly a jugé sur Europe 1, également le 5 mars, les propositions du Medef « pas acceptables ». « On va tout faire pour qu’elles soient adoucies et que [le patronat] renonce à certaines d’entre elles », a prévenu le numéro un de FO. « Dans le déficit des retraites complémentaires, qui est réel, il y a une part conjoncturelle », a-il-souligné, rappelant qu’avant la crise économique l’Arrco et l’Agirc étaient excédentaires. De 1998 à 2008, les deux régimes ont effet cumulé 60 milliards d’euros de réserves qui servent aujourd’hui à payer, en partie, les pensions complémentaires.

 

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