Agirc-Arrco : le déficit global multiplié par 2 en 2014


Le déficit cumulé des régimes de retraite complémentaire Agirc et Arrco excède les trois milliards d'euros en 2014, un montant près de deux fois plus élevé qu'en 2013. Ces résultats tombent alors que des négociations entre partenaires sociaux sont en cours pour sauver les finances des régimes.  

Le déficit cumulé des régimes de retraite complémentaire a doublé en 2014

3,138 milliards d’euros. C’est le montant du déficit net cumulé par les régimes de retraite complémentaire Agirc et Arrco en 2014, d’après les résultats publiés mercredi 1er avril 2015. A titre de comparaison, il s’établissait à 1,627 milliard d’euros « seulement » en 2013 : d’une année sur l’autre, le déficit cumulé a ainsi pratiquement doublé. Une tendance qui souligne l’importance des négociations menées par les syndicats et le patronat depuis le 27 février dernier pour assurer la viabilité financière de l’Agirc (retraite complémentaire des cadres) et de l’Arrco (retraite complémentaire des salariés et cadres).

L’Agirc davantage en difficulté

Dans le détail, c’est la retraite complémentaire des cadres qui reste le plus mal en point. L’Agirc accuse une perte technique* de 2,534 milliards d’euros en 2014, en hausse de 76% d’une année sur l’autre. L’explication est simple : les charges supportées par l’Agirc ont augmenté trois plus vite que les ressources perçues. Les charges, qui comprennent les pensions versées, ont progressé de 9,3% à 23,774 milliards d’euros, tandis que la hausse des ressources du régime, soit les cotisations perçues pour l’essentiel, s’est limitée à 3,9% (19,186 milliards d’euros).

Côté Arrco, le déficit technique est évalué à 3,081 milliards d’euros, soit un montant assez stable par rapport à l’année dernière (3 milliards). L’écart entre les cotisations et les versements s’est agrandi d’environ un milliard d’euros à 4,857 milliards, un trou comblé par la hausse de la contribution d’équilibre de l’Association pour la gestion du fonds de financement (AGFF, 2,976 milliards d’euros). Pour autant, le déficit net de l’Arrco a explosé de 492%, passant de 394 millions à 1,153 milliard d’euros. La faute en revient en grande partie à la diminution d’environ 700 millions d’euros des produits financiers du régime.

Pour parvenir à résorber ce déficit grandissant, les négociations entre partenaires sociaux doivent aboutir à un accord d’ici juin 2015. Parmi les pistes évoquées, le gel des pensions complémentaires, acté au 1er avril 2015 comme il l’avait déjà été l’an passé, pourrait être prolongé jusqu’en 2018. D’autres propositions (fusion des régimes, diminution de la pension de réversion) sont également à l’étude.

*Le déficit technique correspond à l’écart entre les cotisations perçues et les pensions versées, sans influence des résultats financiers.