Agirc-Arrco : le Medef propose un gel des pensions de retraite pendant 3 ans


Les négociations entre patronat et syndicat sur le rééquilibrage financier des régimes de retraites complémentaires ont débuté dans un climat tendu. La CGT rejette les propositions du patronat sur la modération des allocations.

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Comment ramener les régimes de retraites complémentaires Arrco (salariés du privé) et Agirc (cadres et ingénieurs) à l’équilibre… Tel est l’enjeu des pourparlers engagés le 22 novembre 2012 par les partenaires sociaux. Et il y a urgence, ce dont conviennent patronat et syndicats. Le déficit cumulé des régimes complémentaires a atteint 3,47 milliards d’euros en 2011. Les réserves financières du régime des cadres seront épuisées en 2017 et celles du régime des salariés en 2020, comme l’a rappelé la CFTC avant l’ouverture de ces débats.

Perte de pouvoir d’achat de 6 % selon la CGT

La centrale syndicale chrétienne a rejeté d’emblée toute mesure « relative à la durée d’assurance et l’âge de la retraite », alors que la réforme des retraites de 2010 et sa transposition dans les régimes complémentaires (accord de mars 2011) ont déjà joué sur ces paramètres, aboutissant à un recul de l’âge légal de départ. Restent les ressources (les cotisations) et les allocations (les pensions).

C’est ce dernier levier que le patronat a proposé d’actionner lors de la première des cinq séances de discussions devant se dérouler jusqu’au mois de mars 2013. Le Medef propose une mesure choc : un gel des pensions de retraite pendant 3 ans. L’économie induite pour les régimes complémentaires a été évaluée à 4,2 milliards d’euros. Une autre proposition patronale, plus modérée, consisterait à revaloriser les points de retraite 1 point en dessous de l’inflation durant cinq années. « Dans les deux cas, la perte de pouvoir d’achat s’élèverait à environ 6 %, en supposant une inflation moyenne de 2 % », critique la CGT. Enfin, une disposition vise à appliquer un abattement de 10% sur la part AGFF pour les pensionnés qui n’ont pas atteint l’âge d’annulation de la décote qui est progressivement porté à 67 ans par les réformes en cours. L’AGFF est un dispositif qui permet aux personnes titulaires d’une retraite de base (régime général Cnav) au taux plein de percevoir une pension de retraite complémentaire sans minoration, à condition d’être âgées de 60 ans ou plus.

Pensions de réversion Arrco dans le viseur ?

Les veuves et les veufs pourraient faire les frais du plan d’économies suggéré par le Medef puisque les pensions de réversion verraient leurs conditions d’accès durcies. Actuellement, la pension de réversion Arrco est attribuée aux conjoints survivants âgés de 55 ans et plus, cet âge plancher étant fixé à 60 ans à l’Agirc pour une pension de réversion sans décote. La CGT craint une diminution du taux de cette pension 60 % à 54 % et un relèvement de l’âge minimum à Arrco de 55 à 60 ans.

Ces pistes de financement des retraites complémentaires ont mené au clash, la CGT ayant quitté la table des négociations après deux heures de réunion. Eric Aubin, le représentant cégétiste s’est refusé « à engager les discussions » sur les propositions du Medef dénonçant leur « caractère très régressif ». Selon Le Figaro, Force Ouvrière (FO) serait prêt à négocier des contreparties aux propositions du Medef sur les allocations. « En échange d’éventuelles mesures sur les pensions, FO réclame une hausse des cotisations employeurs », ce dont le Medef « ne veut pas en entendre parler à court terme ».