Agirc-Arrco : le patronat demande à partir plus tard à la retraite


Les partenaires sociaux négocient vendredi 16 octobre 2015 pour sauver les régimes de retraite complémentaire Agirc-Arrco. Le patronat demande purement et simplement l'allongement de la durée de cotisation des futurs retraités, mesure à laquelle s'opposent de nombreux syndicats.  

Le Medef veut un report de l’âge de départ

Les négociations de la dernière chance pour les retraites complémentaires sont-elles vouées à l’échec ? Engagées depuis le vendredi 16 octobre au matin entre les syndicats de salariés représentatifs (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) et le patronat, les discussions sur l’avenir des régimes Agirc (pour les cadres) et Arrco (pour l’ensemble des salariés) sont mal embarquées.

Principal point d’achoppement, la proposition du Medef de mettre en place un « coefficient de solidarité » pour les retraités. Imaginé par le patronat en remplacement d’unedécote sur les pensions pour tout actif liquidant sa retraite avant 64 ans, ce dispositif n’en poursuit pas moins son objectif initial, à savoir inciter les Français à travailler plus longtemps. A partir de 2019, toute personne liquidant ses droits à la retraite sans avoir cotisé 4 trimestres de plus que le nombre exigé pour bénéficier du taux plein se verrait pénalisée d’un abattement. Pour un actif ayant cotisé 41,5 ans, et à qui il manquerait donc 4 trimestres de cotisation, la décote atteindrait 15% la première année, puis 12% la deuxième et enfin 10% la troisième année. A l’inverse, une personne qui a travaillé 8 trimestres de plus que le niveau du taux plein bénéficierait par exemple d’un bonus de 10% pendant une année.

Les femmes plus exposées

Une perte de pouvoir d’achat inacceptable pour plusieurs syndicats de salariés. « L’âge légal de départ à la retraite, c’est 62 ans », a martelé Pascale Coton, représentante de la CFTC, qui a demandé au patronat de « revoir sa copie ». De nombreuses femmes décalant leur départ à la retraite en raison de carrières plus heurtées, elles seraient ainsi condamnées à repousser de nouveau cette échéance pour ne pas subir de perte financière.

Eric Aubin, de la CGT, a également fustigé une mesure qui « pénaliserait beaucoup plus les femmes, les jeunes et tous ceux qui sont en inactivité au moment du départ à la retraite ». « L’objectif non avoué du Medef est d’obtenir du gouvernement qu’il repousse l’âge légal du départ à la retraite », a-t-il dénoncé au cours d’une manifestation organisée à quelques dizaines de mètres du siège du syndicat des patrons. Philippe Pihet, représentant FO dans les négociations, a pour sa part condamné « une mesure politique », avançant qu’elle « représentait à peine 10% des économies à chercher ».