Agirc-Arrco : les Français refusent des efforts supplémentaires


Une majorité de Français redoute une faillite des régimes de retraite complémentaire Agirc et Arrco selon un sondage. Pour autant, ils rejettent massivement toute forme d'effort supplémentaire, en particulier sur le montant des pensions.  

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« Ce qui est sûr, c’est qu’il faut faire quelque chose. » Sur ce point, le patron du Medef Pierre Gattaz rejoint l’opinion publique : d’après un sondage mené par Odoxa, 55% des Français s’inquiète d’une faillite des régimes de retraite complémentaire Agirc et Arrco dans les quatre ou cinq ans à venir. Une étude qui paraît alors que les partenaires sociaux démarrent les négociations pour sauver les retraites complémentaires des cadres (Agirc) et des salariés (Arrco) mardi 17 février 2015.

Pour en savoir plus : Retraite complémentaire, les négociations en 5 questions-réponses

Aucun effort acceptable

En revanche, et sans surprise, les Français refusent toute mesure pénalisante pour les retraités ou les actifs. Sur ce dernier point, près de sept personnes interrogées sur dix (68%) estiment qu’il est possible de résoudre la crise des retraites complémentaires sans demander d’effort particulier aux salariés. Une proportion qui grimpe à trois personnes sur quatre (76%) parmi les salariés du privé.

Dans le détail, aucune des propositions envisagées pour le sauvetage de l’Agirc-Arrco ne plaît. La solution préconisée par le Medef, à savoir reporter l’âge à partir duquel on peut toucher sa retraite complémentaire complète, s’avère la moins détestée par l’opinion publique, avec 56% de réponses négatives (69% chez les salariés du privé). Pour rappel, le patronat propose un report de 62 à 64 ans, une idée rejetée par les syndicats.

Parmi ces derniers, la CGT plaide pour une nouvelle augmentation des cotisations salariales. La centrale de Montreuil n’a cependant pas le soutien de l’opinion publique. Selon le sondage, un tel projet est désavoué par 64% des sondés.

Reste que les pistes explorées par les partenaires sociaux plaisent davantage que toute mesure visant à réduire le montant des pensions. Plus de huit Français sur dix s’opposent à une diminution des retraites complémentaires à l’avenir (82%) ou dans l’immédiat (85%). Les négociations ne devraient toutefois pas s’attarder sur ce point, compte tenu de la vive opposition de l’opinion publique et des syndicats.

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