Agirc-Arrco : un nouveau cycle de négociation en vue


EXCLUSIF – Face aux déficits des régimes complémentaires, le patronat et les syndicats devraient décider le 27 juin 2014 de négocier un nouvel accord. Les marges de manoeuvre sont limitées, le levier des hausses de cotisation et celui du gel des pensions ayant déjà été utilisés.    

le siège de l'agirc et de l'arrco

Les partenaires sociaux, gestionnaires des régimes complémentaires Arrco (pour tous les salariés) et Agirc (pour les seuls cadres), devraient décider le 27 juin 2014 de lancer un nouveau cycle de négociation. Ce jour-là, les représentants du patronat et des syndicats vont se retrouver au siège du Medef pour ausculter les comptes et les projections financières des deux régimes de retraite. Or, ils ne seraient pas bons.

Selon les informations de Toutsurlaretraite.com, les résultats techniques (hors produits financiers, transferts et compensations) de l’Agirc et de l’Arrco afficheraient respectivement une perte de 3,3 milliards d’euros et de 3,8 milliards d’euros en 2013 et ce, en dépit des hausses de cotisations et du gel des pensions instaurés par l’accord du 13 mars 2013. Si, avec 43 milliards d’euros de réserves, l’Arrco peut voir venir, l’Agirc qui dispose de seulement 7 milliards dans ses caisses se trouve dans une situation critique.

 

Déficits attendus

D’autant que les choses ne devraient pas s’améliorer. Les projections tablent sur un déficit annuel de 2 à 2,5 milliards d’euros pour l’Arrco et de 2,5 à 2,7 milliards d’euros pour l’Agirc d’ici 2017. La faute au chômage qui réduit les volumes de cotisations et à la brusque augmentation des retraites anticipées pour carrières longues à la suite du décret du 2 juillet 2012 signé par François Hollande qui a étendu ce dispositif. A ce titre, la dernière réforme des retraites va aggraver le problème puisque la loi du 20 janvier 2014 élargit le périmètre des trimestres « éligibles » à ce dispositif, créé par la loi Fillon de 2003 et qui permet aux actifs ayant commencé à travailler jeune de partir plus tôt à la retraite.

Bref, l’avenir s’assombrit pour l’Agirc et l’Arrco. C’est pourquoi les partenaires sociaux devraient s’engager dans un nouveau « round » de négociations à compter de la rentrée. Il ne s’agirait pas d’amender l’accord du 13 mars 2013 mais bien de repartir sur un nouvel accord qui devrait être signé en juin 2015. Problème : les marges de manœuvre s’avèrent très étroites.

 

Pas de solution idéale

Il semble difficile d’augmenter une nouvelle fois les cotisations ou de prolonger la sous-indexation des pensions au-delà de 2015. Le 14 mars dernier, patronat et syndicats se sont réunis pour creuser plusieurs pistes d’économies, dont un durcissement des règles de réversion octroyée aux conjoints survivants. Avant de prendre conscience que ces mesures seraient insuffisantes pour rétablir l’équilibre financier des régimes.

Une des idées encore inexploitées et défendue depuis longtemps par le Medef serait de jouer sur l’âge de départ. Les pensions seraient versées par exemple à partir de 63 ans et non plus à partir de 62 ans. Mais difficile d’imaginer que les syndicats de salariés acceptent cette piste qui créerait un décalage avec les pensions de base servies par le régime général.

 

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