Allocation équivalent retraite (AER) : la CFDT refuse le report des discussions en 2013


Michel Sapin, ministre du Travail, a rejeté le retour de l'Allocation équivalent retraite (AER) et reporté le règlement de la situation des chômeurs âgés en difficulté aux discussions sur les retraites qui auront lieu en 2013. Une décision que la CFDT dénonce.

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Pour la CFDT, le rétablissement de l’allocation équivalent retraite (AER) destinée aux chômeurs âgés en fin de droits constitue « une mesure de justice urgente ». Cette aide a été supprimée depuis le 1er janvier 2011 et remplacée partiellement par l’allocation transitoire de solidarité (ATS) depuis le 1er juillet 2011. Cette dernière étant jugée trop restrictive et excluant certains chômeurs, plusieurs syndicats se sont mobilisés pour demander le retour de l’ancienne allocation.

« Alors qu’entre en application le départ anticipé à la retraite pour les salariés ayant commencé à travailler jeunes, des seniors sans emploi et en fin de droits à l’assurance chômage ont le nombre de trimestres requis pour percevoir leur pension de retraite mais pas l’âge nécessaire. Ceux-là se retrouvent dans une situation impossible : vivre de nombreux mois avec 470 euros par mois sans perspective de trouver un emploi », souligne Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT.

Une demande que le ministre du Travail et de l’Emploi, Michel Sapin, a exclue lors d’une audition devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Ainsi le gouvernement « ne souhaite pas qu’on en revienne à un dispositif qui serait le rétablissement des dispositifs existants même si ce serait mérité par rapport aux personnes concernées », a-t-il indiqué, ajoutant que ce sujet serait abordé en 2013 dans le cadre des discussions sur le financement des régimes de retraite.

Michel Sapin a justifié cette décision en invoquant le coût de l’AER, soit entre 800 millions et 1 milliard d’euros selon lui. « Un chiffrage exorbitant » juge la CFDT. « Il n’a pas indiqué la source de ces chiffres qui, pour la CFDT, sont contestables », explique Jean-Louis Malys.

Le secrétaire national dénonce aussi le report de cette question aux négociations de 2013. « Certes, celles-ci peuvent permettre de régler le problème, mais ce sera au plus tôt en 2014. Et encore, si la durée de cotisation devient le seul critère pour faire valoir ses droits à la retraite, comme le souhaite la CFDT », précise-t-il. Pour la CFDT, « un geste de justice s’impose immédiatement (…). L’urgence sociale pour ces personnes, c’est tout de suite. On ne peut pas attendre un an ».