Appel à la simplification des retraites en France et en Allemagne


Dans un rapport remis le 27 novembre 2014, les économistes français et allemand Jean Pisani-Ferry et Henrik Enderlein se prononcent notamment en faveur de la mise en place des deux côtés du Rhin de systèmes de retraite plus simples et convergents entre les deux pays.    

Jean Pisani-Ferry et Henrik Enderlein

Paris et Berlin auraient intérêt à simplifier leur système de retraites. C’est l’une des (nombreuses) conclusions du rapport « Réformes, investissement et croissance : un agenda pour la France, l’Allemagne et l’Europe ». Ce document de 52 pages a été rédigé par les économistes Jean Pisani-Ferry et Henrik Enderlein et remis le 27 novembre 2014 au ministre français de l’Economie Emmanuel Macron et à son homologue allemand Sigmar Gabriel.

« La France et l’Allemagne ont vécu tous les deux des débats politiques intenses sur l’adaptation de l’âge de départ à la retraite à la hausse de l’espérance de vie, tout en respectant les engagements politiques passés et en tenant compte des préoccupations financières ainsi que de justice intergénérationnelle », rappellent les deux auteurs.

Interaction complexe

« Les débats dans les deux pays sont similaires en ce sens qu’ils se concentrent souvent sur des chiffres précis d’âge de départ à la retraite et ont donc tendance à trop simplifier une réalité sociale complexe », regrettent-ils. La réforme de 2010 a repoussé en France l’âge minimum de départ à la retraite de 60 à 62 ans. Le chemin de l’Allemagne est plus tortueux puisqu’après avoir décidé un report progressif de l’âge légal de 65 ans à 67 ans d’ici 2030, le gouvernement souhaite aujourd’hui un abaissement à terme à 63 ans.

En parallèle, un allongement du nombre de trimestres de cotisation requis a été instauré des deux côtés du Rhin. « De fait, la retraite dans les deux pays est basée sur une interaction complexe entre l’âge minimum de départ à la retraite et le nombre d’années de cotisations accumulées. Il y a également une persistance de régimes spécifiques à certains secteurs qui sont un obstacle à la mobilité interprofessionnelle », observent Jean Pisani-Ferry et Henrik Enderlein. « Nous pensons que les deux pays devraient s’efforcer de simplifier considérablement leurs politiques de retraite à moyen terme et s’entendre sur une stratégie commune à cet égard », concluent-ils.

 

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