Avec un chômage élevé, le système de retraites sera encore en déficit en 2040


Si le sous-emploi se maintient à 10%, l'équilibre financier des régimes de retraite ne sera pas atteint dans 25 ans comme prévu, selon les projections du Conseil d'orientation des retraites publiées le 15 avril 2015.    

Raphaël Hadas-Lebel, le président du COR

Si le taux de chômage demeure à un niveau élevé, le déficit des régimes de retraites ne sera pas résorbé, comme prévu, en 2040. Voilà l’un des enseignements chocs des projections du Conseil d’orientation des retraites (COR) diffusées le 15 avril 2015.

Jusqu’ici, les experts s’accordaient à dire que d’ici 25 ans, c’est-à-dire une fois le « papy-boom » passé, les finances des régimes seraient de nouveau à l’équilibre. A tel point que la dernière réforme des retraites ne prévoit pas d’allongement de la durée de cotisation au-delà de 2035. Ce scénario pourrait être remis en cause en cas de maintien de sous-emploi massif.

Long passif

D’après le COR, avec un chômage à 10% (soit le taux atteint fin février, selon les dernières données de l’Insee), le système français des retraites serait dans le rouge en 2040. Le déficit représenterait à cette date jusqu’à 0,9% du produit intérieur brut (PIB) du pays. Même avec un taux de chômage à 7%, le « trou » atteindrait jusqu’à 0,6% du PIB.

Toutefois, le sous-emploi n’explique pas tout. En prenant comme base un chômage à 4,5% (considéré comme le plein emploi par les économistes) et une augmentation des salaires de « seulement » 1% par an, le système afficherait un déficit équivalent à 0,1% de la richesse nationale. « Ce besoin de financement résulte des déficits accumulés au cours des dix premières années de projection, qui ne sont pas entièrement couverts par les légers excédents des quinze années qui suivent », explique le COR. Pas facile d’épurer un long passif même en cas de reprise de la croissance économique !

Equilibre possible

Pour le COR, un retour à l’équilibre est possible en 2040 « mais au prix d’efforts plus ou moins importants pour les actifs ou pour les retraités ». Ce comité consultatif, qui dépend de Matignon et où siègent notamment des parlementaires et des syndicalistes, se garde bien d’émettre des propositions de réforme. Il souligne toutefois que ces données seront intégrés dans le rapport annuel qu’il publiera le 10 juin prochain et qui servira de base de travail au nouveau Comité de suivi des retraites (CSR).

C’est au CSR, un comité de pilotage instauré par la loi du 20 janvier 2014 réformant les retraites, d’émettre un avis sur les mesures à instaurer en cas de non respect des trajectoires financières des régimes. Le gouvernement sera ensuite libre de prendre ou non en compte ces remarques.

 

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