Chômeurs âgés : l’Assemblée dit non à l’AER « restreinte »


Le vote d'un amendement du député PS Jean-Patrick Gille en commission des affaires sociales pouvait laisser espérer un retour de l'allocation équivalent retraite (AER). Mais les députés ont finalement exprimé un refus en séance publique.

aer, assemblee, nationale, allocation, retraite, chomeurs, ages

Suivant la volonté du ministre du travail Michel Sapin, l’Assemblée nationale a rejeté jeudi 8 novembre 2013 l’amendement du député socialiste d’Indre-et-Loire, Jean-Patrick Gille, rétablissant de façon restreinte l’allocation équivalent retraite (AER). Cette aide versée aux chômeurs âgés en fin de droits ayant tous leur trimestres de cotisations mais pas encore l’âge d’ouverture des droits à la retraite a disparu début 2011. En dépit de l’instauration d’un dispositif de remplacement (allocation transitoire de solidarité, ATS), de nombreux seniors sans emploi ont été laissés au bord de la route avec très peu de ressources, selon les syndicats.

D’où l’amendement de Jean-Patrick Gille, validé précédemment en commission des Affaires sociales de l’Assemblée et destiné aux personnes licenciées en 2008 et 2009 mais exclues de l’ATS. Le député socialiste a même reçu le soutien d’autres camps lors des débats dans l’Hémicycle. « Aujourd’hui on parle de gens qui sont dans la mouise, qui ne peuvent pas faire manger leurs enfants! », s’est exclamé le centriste Francis Vercamer (Nord). Le député écologiste Christophe Cavard (Gard) a également plaidé en faveur de cette mesure.

A l’inverse, Christophe Castaner (PS), rapporteur spécial de la commission des Finances pour les crédits du Travail et de l’Emploi, a estimé qu’il fallait « prendre le temps d’une évaluation avant de se prononcer sur les modalités de son rétablissement ». Le ministre du Travail et de l’Emploi, Michel Sapin avait déjà exprimé son refus préférant attendre les discussions avec les partenaires sociaux dans le cadre d’une réforme des retraites prévues en 2013 pour régler cette question. « Vous avez mis le pied dans la porte, vous avez raison, le problème est crucial, mais c’est une porte virtuelle », a lancé Michel Sapin en réponse à Jean-Patrick Gille. Pour le ministre le coût d’un rétablissement de l’AER est trop important, soit entre 800 millions et 1 milliard d’euros.