Comment les abattements rognent vos retraites


Votre pension de retraite peut être diminuée lorsque vous n'avez pas suffisamment cotisé lors de votre activité professionnelle. Cet abattement, également appelé décote, peut sensiblement réduire vos droits à la retraite. Nos explications.  

Quels abattements diminuent les pensions de retraite ?

Réduire les pensions des personnes qui partent (plus) tôt à la retraite ? L’idée du patronat, consistant à raboter les retraites complémentaires Agirc-Arrco des assurés qui liquident leurs droits avant 65 ans, n’est pas nouvelle. Loin de là même : ce système existe déjà pour les retraites de base du privé comme du public, mais également pour les retraites complémentaires.

Le mécanisme, appelé décote ou abattement, a une incidence directe sur le montant des pensions et, logiquement, sur le choix de la date de départ à la retraite d’un actif. Mais comment cette décote est-elle calculée et quelles en sont les conséquences ?

Des trimestres à cotiser

Pour comprendre l’incidence de la décote, il faut tout d’abord savoir comment la retraite d’un assuré est calculée. Celle-ci dépend de plusieurs facteurs. Dans le privé, il s’agit du salaire annuel moyen (25 meilleures années de carrière), du nombre de trimestres cotisés par rapport à celui requis et enfin du taux plein (50%), appliqué au salaire annuel moyen.

Pour comprendre le calcul de votre retraite, lire notre article : Comment votre pension est fixée

Coefficient de minoration

Traduction : si vous n’avez pas cotisé le nombre de trimestres requis (172 pour une personne née à partir de 1973), votre pension sera réduite à due proportion. Mais ce n’est pas tout : si le retraité n’a pas atteint l’âge du taux plein (65 ans actuellement pour le régime général en 2015), il subit, en plus de cette perte, un abattement de 1,25% par trimestre manquant.

Par exemple, une personne née en 1954 qui part à la retraite en ayant cotisé 155 trimestres, alors que la durée d’assurance pour le taux plein est fixée à 165 trimestres, verra sa pension amputée. La décote atteindra en effet 12,5%, soit 1,25% x 10. Avec un salaire annuel moyen de 30.000 euros, sa pension de base annuelle se limitera à :

30.000 x 50% x 155/165 x (1 – 12,5%) = 12.329,55 euros, soit 1.027,46 euros par mois. En cotisant le nombre de trimestres requis, la pension de cet assuré se serait élevée à 15.000 euros, soit 1.250 euros mensuels.

Pour les retraites complémentaires AgircArrco, un coefficient de minoration est également appliqué en fonction du nombre de trimestres manquants ou de l’âge de l’assuré. Il est au minimum de 0,78 pour un défaut de 20 trimestres ou lorsque la personne est née en 1954 et qu’elle part à la retraite à 61 ans et 4 mois. Le coefficient monte à 0,90 lorsque 10 trimestres manquent à l’appel ou quand un actif né en 1952 et liquide ses droits à la retraite à 63 ans et 2 mois. La solution la plus avantageuse des deux est retenue pour le calcul de la pension complémentaire.

Une perte définitive

La décote peut donc avoir un effet dévastateur sur le montant de la retraite. Pour en limiter les effets, elle est limitée à 25% dans le régime de base, soit l’équivalent de 20 trimestres manquants.

Pour autant, les conséquences pour un retraité sont très désagréables, d’autant plus que la perte ne peut jamais être récupérée puisque les abattements sont appliqués de manière viagère, c’est-à-dire jusqu’au décès du retraité.