Comparatif Perp-Madelin, quel placement retraite choisir

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Le plan d'épargne retraite populaire et le contrat de retraite Madelin proposent tous deux le versement de rentes après la vie active. A y regarder de plus près, ils présentent de nombreuses différences.
 

Le Perp et le contrat Madelin présentent, tous deux, des avantages et des inconvénients

 

De prime abord, le plan d'épargne retraite populaire (Perp) et le contrat de retraite Madelin se ressemblent. Ces deux placements proposent le versement d'une rente viagère, c'est-à-dire servie jusqu'au décès, à compter du départ à la retraite. Ce sont des produits dits « tunnels » : ils ne peuvent pas être débloqués avant de quitter la vie active, sauf en cas de coup dur (décès, invalidité, surendettement...).

Il est possible de détenir autant de contrats Madelin et de Perp que l'on veut. Leur encours n'est pas plafonné. Les frais de gestion et de versement y sont souvent élevés. Toutefois, leur fonctionnement diffère quelque peu. Chacun présente des avantages et des inconvénients.

Accès au Madelin plus restreint

Première différence : l'accès au contrat Madelin est davantage limité que celui du Perp. Le premier est en effet réservé aux travailleurs non-salariés (TNS), soit les artisans, les commerçants, les entrepreneurs et les professions libérales (médecins, avocats, architectes, experts-comptables...). Il existe même un « Madelin agricole », conçu spécifiquement pour les exploitants agricoles.

Les conjoints mariés ou partenaires de Pacs des TNS sont également autorisés à souscrire un contrat Madelin à condition d'avoir le statut de conjoint collaborateur. Ce statut est attribué lorsque le conjoint travaille régulièrement et gratuitement pour le compte du TNS et ne possède pas de parts dans son entreprise.

A l'inverse, le Perp est ouvert à tous. Tout le monde peut y adhérer quel que soit son statut professionnel. Le plan peut même être souscrit par des personnes inactives, comme les parents au foyer, les demandeurs d'emploi ou... les retraités.

En théorie, il n'y a en effet pas d'âge limite d'adhésion. Dans les faits, les assureurs refusent la plupart du temps les souscriptions après 65 ans. Difficile, il est vrai, de se constituer une rente suffisante et d'avoir le temps d'en profiter passé un âge avancé. Comme pour tous les produits d'épargne retraite, il est conseillé d'ouvrir un Perp vers les 40-45 ans.

Cotisations obligatoires ou libres

Pour disposer d'un contrat Madelin, le TNS doit être à jour de ses cotisations sociales (maladie, vieillesse) auprès des régimes obligatoires (RSI, caisses de retraite des libéraux). Au moment de la souscription, il s'engage sur un montant de cotisation annuelle (les versements, eux, peuvent être mensuels, trimestriels ou semestriels). Cette cotisation augmente, chaque année, en proportion de la hausse du plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass).

En plus de la cotisation obligatoire, le souscripteur peut effectuer des versements facultatifs (ou « libres »). Il a également la possibilité de racheter les années de cotisation comprises entre l'année de son affiliation aux régimes obligatoires et l'année de son adhésion au contrat Madelin.

Les versements sur le Perp sont totalement libres. Le titulaire d'un plan peut l'alimenter un temps, suspendre les cotisations, puis les reprendre plus tard. Il est toutefois préférable de cotiser régulièrement afin de « lisser » l'effort d'épargne. Par ailleurs, il faut savoir que les cotisations sur le Perp ne rentrent pas dans la base taxable à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) à condition d'être versées régulièrement.

Déductions élevées ou souples

L'avantage fiscal offert par le Madelin est, à première vue, supérieur à celui du Perp. Les cotisations sur les plans peuvent être déduites des revenus à déclarer à l'administration fiscale à hauteur de 10% du Pass de l'année précédente pour les personnes inactives ou à hauteur de 10% des revenus professionnels pour les actifs dans la limite de 8 fois le Pass de l'année précédente.

Pour le Madelin, la déduction s'élève à 10% du bénéfice imposable dans la limite de 8 Pass de l'année majoré de 15% de ce bénéfice compris entre 1 et 8 Pass de l'année ou 10% du Pass si ce montant est plus élevé. Pour la déclaration 2018 portant sur les revenus de 2017, les titulaires d'un Perp vont pouvoir déduire jusqu'à 30.892 euros, contre 72.572 euros pour un Madelin. Il faut noter que les deux déductions fiscales ne peuvent se cumuler.

Mais là encore, le Perp offre davantage de souplesse que le Madelin. Si la déduction fiscale n'est pas totalement utilisée, le reliquat peut être reporté sur les trois années suivantes. Pour les couples mariés ou pacsés déclarant en commun leurs revenus, l'avantage fiscal est doublé. Il peut aussi être mutualisé. Si l'un des deux conjoints n'atteint pas son plafond, le solde peut être exploité par l'autre membre du couple.

Sorties en rentes et en capital

Ces facilités ne sont pas possible dans un Madelin. Pire : si le TNS et son conjoint collaborateur ont souscrit chacun un contrat, la déduction fiscale est commune aux deux. En revanche, ils peuvent déduire les rachats des années de non cotisation (dans la limite du plafond).

Dernier atout du Perp vis-à-vis du Madelin : la possibilité de sortir en capital à hauteur de 20% de l'encours (versements majorés des gains) au départ à la retraite. Toutefois, cette sortie partielle en capital va être rendue possible pour les contrats de retraite Madelin à partir du 1er janvier 2018. Un déblocage à 100% en capital des Perp est également prévu si, au moment de quitter la vie professionnelle, l'assuré acquiert sa résidence principale.

Rien n'empêche un TNS de souscrire à la fois un contrat Madelin et un Perp. Il pourra alors bénéficier du fort avantage fiscal du premier tout en profitant de la souplesse et de la sortie en capital du second.

 

 

Perp

Contrat retraite Madelin

Affiliation

        - Les actifs

         - Les inactifs

          - Les travailleurs non-salariés

          -  Les conjoints collaborateurs

Cotisations

         - Libre

          - Obligatoire

          - Libre

          - Rachat des années de non-cotisation

Déduction fiscale

        - 10% du Pass de l'année précédente ou 10% des revenus professionnels dans la limite de 8 Pass de l'année précédente

         - Mutualisation entre conjoints

         - Report sur trois années

         - 10% du Pass ou 10% des revenus professionnels dans la limite de 8 Pass majorés de 15% du bénéficie compris entre 1 et 8 Pass

          - Pas de mutualisation entre conjoints

          - Pas de report sur trois années

Déblocage exceptionnel

          - Décès du conjoint ou du partenaire de Pacs

          - Invalidité

          - Surendettement

          - Fin des allocations chômage

          - Cessation d'activité non salariée à la suite d'un jugement de liquidation judiciaire

         - Décès du conjoint ou du partenaire de Pacs

          - Invalidité

          - Surendettement

          - Fin des allocations chômage

          - Cessation d'activité non salariée à la suite d'un jugement de liquidation judiciaire

          - Situation qui le justifie selon le président du tribunal de commerce

          - Absence de contrat de travail ou de mandat social depuis au moins deux ans à compter du non-renouvellement du mandat social ou de la révocation de la fonction d'administrateur

Sortie

          - 100% en rentes viagères

          - 20% en capital, 80% en rentes

          - 100% en capital en cas d’acquisition de la résidence principale

          - 100% en rentes viagères

 

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