Cref : « Les sociétaires ont perdu 50% de pouvoir d'achat en 15 ans »

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INTERVIEW – L'Union mutualiste retraite (UMR), le gestionnaire du R1, a annoncé une baisse, à compter du 1er janvier 2015, de 30% des rentes versées aux sociétaires de ce régime de retraite supplémentaire fermé depuis 2000. Pour le président du Comité d'information et de défense des sociétaires du Cref (CIDS) Jean-Didier Mazzuca, cette décision est le résultat d'années de mauvaise gestion.

 

Jean-Didier Mazucca

 

Toutsurlaretraite.com : Etes-vous surpris par la décision de l'UMR de baisser les rentes de 30% du R1 en 2015 ?

Jean-Didier Mazzuca, président du CIDS : Ce n'est, hélas, pas une surprise. Nous répétons depuis des années que les adhérents du régime R1 ont été spoliés, et que ce régime est sous-provisionné. Je vous rappelle que le CIDS a été créé suite justement à une première baisse des rentes de 17% instaurée dans la foulée du transfert en 2002 des actifs du Cref (Complémentaire de retraite de l'Education nationale et de la fonction publique, NDLR) à l'UMR. En comptant la baisse de 2015, les sociétaires du R1 auront perdu près de 50% de pouvoir d'achat en moins de 15 ans.

 

Que pensez-vous des raisons invoquées, à savoir la baisse des taux d'intérêt et les nouvelles règles prudentielles européennes ?
Mais déjà pour expliquer le manque de réserve de 1,5 milliard d'euros du R1 qui a provoqué la fermeture du régime en 2000, les règlements européens avaient été invoqués ! L'excuse est un peu facile et masque surtout une mauvaise gestion en vigueur depuis des années. A ce propos, je remarque que le R3, le régime de retraite complémentaire des administrateurs de l'UMR et des 3.400 salariés de la mutuelle a, lui, toujours été bien provisionné...

 

Le CIDS peut-il s'opposer à la décision ?
La baisse de 30% des rentes du R1 est officiellement soumise au vote d'une assemblée générale (AG) extraordinaire de l'UMR organisée le 18 novembre prochain. Mais il n'y a aucun suspens. Cette AG est une chambre d'enregistrement. Et pour cause : il n'y a que des personnes morales qui siègent au conseil d'administration (CA) de l'UMR. Aucun poste d'administrateur n'est attribué à une personne physique. Ni des membres du CIDS, ni des sociétaires du R1 ne sont représentés au sein du CA. Dans ces conditions, aucune opposition n'est possible. Je ne sais même pas dans quel lieu et à quelle heure va se tenir l'AG. Je rappelle à ce propos que les personnes physiques à la tête de l'UMR sont pour une grande majorité les mêmes qui ont dirigé la MRFP (l'ancien gestionnaire du Cref, NDLR).

 

Quelle est votre stratégie pour la suite ?
Nous étudions dès à présent avec nos conseils et notamment le cabinet Lecoq-Vallon & Feron Poloni les voies de droit possibles. Nous comptons aussi sur l'audience qui aura lieu le 4 décembre prochain au Tribunal de Grande Instance de Paris qui va nous permettre d'éclaircir les conditions assez opaques du transfert du portefeuille de la MRFP à l'UMR soulevées par le liquidateur judiciaire, pour continuer de faire entendre notre voix.

Propos recueillis par Jean-Philippe Dubosc

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