Décret carrières longues : la retraite complémentaire Agirc-Arrco va-t-elle baisser ?


Les internautes s'interrogent sur l'impact du décret carrières longues du 2 juillet sur les régimes complémentaires Agirc et Arrco dans un chat organisé par Le Monde.fr avec Pierre Mayeur directeur de la Cnav et Pierre Chaperon, directeur de cabinet de l'Agirc et de l'Arrco.

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L’élargissement du dispositif de départ en retraite anticipé pour carrières longues menace-t-il l’Agirc et l’Arrco ? Ma pension de retraite complémentaire risque-t-elle d’être diminuée si j’en bénéficie ? Ce sont les deux interrogations principales exprimées par les assurés lors d’un chat organisé sur le site du Monde.fr à propos des conséquences du décret carrières longues du 2 juillet 2012 sur les régimes de retraite complémentaires.

Leurs inquiétudes font suite aux récentes informations sur l’épuisement des réserves des caisses complémentaires. Les internautes se demandent donc si l’une des premières mesures phares de François Hollande ne va pas les pénaliser en réduisant le montant de leur pension complémentaire faute d’argent.

Pierre Chaperon, directeur de cabinet de l’Agirc-Arrco, a rappelé aux internautes la règle du dispositif : ceux qui partent à 60 ans ou avant parce qu’ils ont commencé à travailler avant 20 ans et ont suffisamment cotisé toucheront leur retraite complémentaire « sans minoration » en même temps que l’ouverture de leur droit à leur pension de base.

Pas d’utilisation des réserves pour le paiement des pensions

Concernant la situation des réserves des deux caisses, Pierre Chaperon souligne qu’elle « résulte avant tout des conséquences de la crise économique sur les rentrées de cotisations versées par les entreprises et les salariés. (…)Les conséquences de la crise économique et financière pourraient, en l’absence de mesures nouvelles, amener les régimes à les consommer plus vite que prévu ». Cependant, il admet que « le décret du 2 juillet 2012 crée un surcoût qui n’est compensé par aucune nouvelle ressource » au contraire de de la pension de base versée par l’Assurance retraite dont le financement est prévu. Selon lui, le coût global de la mesure est estimé « à environ 1,2 milliard d’euros à l’horizon 2030, dont 800 millions de prestations anticipées et 400 millions de manque à gagner de cotisations. A fin 2011, ces réserves étaient estimées à environ 8,4 milliards pour l’Agirc et 42,4 milliards pour l’Arrco.

Quant au risque de voir sa pension complémentaire réduite par un épuisement accéléré des réserves, le directeur de cabinet indique que « ce ne sont pas les réserves qui permettent de payer les retraites mais les cotisations des entreprises et des salariés. Les réserves constituent une marge de sécurité pour les périodes difficiles. »

Dans ce contexte, les partenaires sociaux, gestionnaires des deux régimes, ont entamé « un cycle de négociations afin d’envisager les solutions permettant de rétablir l’équilibre des comptes » et d’anticiper les difficultés rappelle enfin Pierre Chaperon.