Départ à la retraite : ce qui change avec l’accord Agirc-Arrco


Le nouvel accord sur les retraites complémentaires prévoit la mise en place d'un « malus » temporaire pour les salariés nés à partir de 1957 qui partent à l'âge légal en disposant de tous leurs trimestres au régime de base. Pour autant, ils auront toujours la possibilité de prendre leur retraite à 62 ans.    

L'âge de départ à la retraite demeure fixé à 62 ans pour les assurés nés à partir de 1955

Pour certains, le nouvel accord Agirc-Arrco, validé le 30 octobre 2015, repousse d’un an l’âge de départ à la retraite. Techniquement, ce n’est pas vrai. L’âge légal de départ à la retraite demeure fixé à 62 ans pour les assurés nés à partir de 1955. En dépit de l’accord sur les retraites complémentaires du privé, les salariés auront donc toujours la possibilité de quitter la vie active à cet âge.

Ceux qui sont nés à compter de 1957 et qui vont liquider leurs droits à partir de 2019 vont, toutefois, subir un abattement de 10% sur leurs pensions complémentaires durant trois ans s’ils partent à 62 ans et qu’ils disposent d’une retraite de base à taux plein. C’est-à-dire qu’ils justifient du nombre de trimestres de cotisation au régime de base (Cnav pour les salariés, MSA pour les salariés agricoles) requis dans leur classe d’âge.

Décote viagère avant 67 ans

Si la durée de cotisation n’est pas atteinte, ils subiront une minoration, cette fois-ci viagère (jusqu’à leur décès), sur leurs pensions Arrco et, s’ils possèdent le statut cadre, sur leurs pensions Agirc, comme… c’est déjà le cas aujourd’hui. Egalement comme aujourd’hui, si l’assuré prend sa retraite à partir de 67 ans, la décote sera supprimée.

L’accord du 30 octobre prévoit que l’abattement temporaire de 10% ne sera pas appliqué si le salarié cotise quatre trimestres calendaires (soit un an) au-delà de la durée de cotisation. Si l’âge légal n’est pas modifié, les cadres et non cadres nés à partir de 1957 et qui liquideront leurs droits à compter de 2019 auront donc intérêt à décaler d’une année leur départ pour percevoir leurs retraites complémentaires sans minoration.

On l’aura compris, plus que l’âge de départ, c’est la durée de cotisation qui va, en réalité, le plus compter. Si le salarié disposera du nombre de trimestres demandé uniquement à 63 ans, il devra en effet partir à 64 ans pour ne pas supporter le « malus » temporaire de 10% sur ses pensions complémentaires. Soit deux ans de plus que l’âge légal…

 

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